| 149-0 | Texte non paru au Journal officiel | 729 |
Direction des routes
Direction de la circulation
et de la sécurité routières
Circulaire no 2001-30 du 18 mai 2001 relative à
linstauration dun contrôle de sécurité des projets routiers
NOR : EQUR0110098C
Le ministre de léquipement, des transports et du logement à Madame et Messieurs
les préfets de région(directions régionales de léquipement, centres
détudes techniques de léquipement, centres interrégionaux de formation
professionnelle) ; Mesdames et Messieurs les préfets de département (directions
départementales de léquipement) ; Messieurs les inspecteurs généraux
territoriaux ; Messieurs les inspecteurs généraux spécialisés dans le domaine
routier ; Messieurs les inspecteurs généraux spécialisés dans le domaine des
ouvrages dart ; Messieurs les inspecteurs spécialisés dans le domaine de
lurbanisme ; Monsieur le directeur du service détudes techniques des
routes et autoroutes ; Monsieur le directeur du centre détudes sur les
réseaux, les transports, lurbanisme et les constructions publiques ; Monsieur
le directeur du centre détudes des tunnels ; Monsieur le directeur du
laboratoire central des ponts et chaussées.
La présente circulaire définit les modalités techniques et
dorganisation dun contrôle de sécurité des projets routiers. Elle
sapplique à toutes les opérations dinvestissement concernant le réseau
routier national non concédé, à lexception du réseau routier national des
départements doutre-mer.
La présente circulaire complète et modifie la circulaire du
5 mai 1994 définissant les modalités délaboration, dinstruction
et dapprobation des opérations dinvestissement sur le réseau routier
national non concédé, ainsi que ses documents daccompagnement instruction
technique, annexes dans les formes précisées ci-après.
1. Motivation de la mesure
Le 26 novembre 1997, le comité
interministériel de la sécurité routière (CISR) décidait de développer les études
et les expérimentations nécessaires à linstauration progressive dun
contrôle de sécurité pour les projets routiers comprenant notamment un audit de
sécurité afin de sassurer que les infrastructures nouvelles offrent, lors de leur
mise en service, un niveau optimal de sécurité. Cet objectif a été confirmé par le
CISR du 2 avril 1999 avec la décision de rendre systématique un contrôle de
sécurité pour les projets routiers neufs sur le réseau routier national, intégrant la
sécurité dès les premières phases détude dans la démarche qualité des projets
et une visite de contrôle avant mise en service réalisée par un expert externe au
maître duvre.
Au cours des années passées, de multiples expérimentations, en
France et à létranger, sur des réseaux comparables, ont permis de déterminer les
conditions techniques et juridiques de mise en uvre dun contrôle de
sécurité généralisé à lensemble des projets neufs.
Ce contrôle, qui se situe dans la ligne des orientations de la
circulaire du 22 décembre 1992 relative à la qualité de la route, prend place
dans les dispositions de la circulaire du 5 mai 1994.
La circulaire du 22 décembre 1992 fixait les
orientations suivantes :
- la formalisation des rôles : maîtrise
douvrage, maîtrise duvre, contrôle extérieur (« la démarche
qualité nécessite la responsabilisation de chaque intervenant qui se voit définir un
rôle spécifique et précis ») ;
- le management de la qualité dans le respect des
normes, recommandations techniques et règles de lart, pendant tout le processus des
études ;
- la formalisation et la traçabilité des décisions
et des bilans ;
- la conservation dun contrôle extérieur même
sil existe un plan dassurance qualité.
La circulaire du 5 mai 1994 précisait et formalisait la
prise en compte de la sécurité :
- en définissant le contenu des études de sécurité
dans les trois phases : études préliminaires, avant-projet et projet ;
- en affirmant le rôle de linspecteur général
spécialisé dans le domaine routier (IGR) dans sa fonction de contrôle extérieur de
qualité, et en précisant à ce titre la procédure de visite préalable à la mise en
service organisée sous sa responsabilité ;
- en introduisant une obligation dobservations
immédiates des conditions de confort et de sécurité après la mise en service et
dun bilan de sécurité à trois ans.
Le contrôle de sécurité des projets routiers réaffirme et
complète ces orientations selon les dispositions qui suivent.
2. Définition et champ dapplication
Le contrôle de sécurité des projets
routiers est un dispositif dont le déroulement est décrit au chapitre 3 ci-après.
Il sapplique à toutes les opérations dinvestissement sur le réseau routier
national non concédé, en milieu urbain et interurbain, y compris les opérations
financées en partie ou en totalité par des collectivités ou des tiers, et sans
considération de montant financier dopération.
Il sapplique donc aux opérations visées par la circulaire
du 5 mai 1994, et notamment les opérations réalisées dans le cadre des plans
régionaux daménagements de sécurité (PRAS).
Il sapplique également aux opérations sur le réseau
routier national sous maîtrise douvrage dune collectivité (comme cest
le cas pour des carrefours).
Le contenu et les moyens de ce contrôle, définis au
chapitre 3 ci-après, doivent être adaptés aux enjeux réels de sécurité du
projet, liés à ses caractéristiques, son environnement et son usage ainsi quaux
comportements prévisibles des usagers.
Les prescriptions de la présente circulaire ne sont pas
applicables sur le réseau routier national des départements doutre-mer en raison
des dispositions législatives particulières, actuelles et en projet, qui régissent
lexercice des compétences de maîtrise douvrage, entre lEtat et les
régions. Toutefois, les principes du contrôle de sécurité des projets routiers
pourront faire lobjet dune concertation à linitiative des préfets
(directions départementales de léquipement) pour déterminer des modalités
locales de mise en uvre.
Les prescriptions de la présente circulaire sappliquent sur
le réseau des collectivités territoriales de Mayotte et de Saint-Pierre-et-Miquelon.
3. Le déroulement du contrôle et son insertion dans les procédures
de la circulaire de la direction des routes du 5 mai 1994
Le contrôle de sécurité des projets routiers est un
dispositif constitué de trois volets :
- une démarche qualité pour la prise en compte de la
sécurité dans toutes les étapes du projet ;
- une inspection comprenant un audit de sécurité
préalable à la mise en service réalisé par un auditeur qui na pas participé à
la conception du projet ;
- des bilans de sécurité après la mise en service.
3.1. La démarche qualité
La démarche qualité pour la prise en compte de la sécurité donnera lieu à un guide technique et complétera, sous forme dune annexe supplémentaire, la circulaire du 5 mai 1994.
3.2. Linspection comprenant laudit de
sécurité
avant mise en service
3.2.1. La procédure
Linspection comprenant laudit de
sécurité est normalement mise en uvre préalablement à la mise en service de
louvrage. Elle reprend les principes de la visite de sécurité, telle que définie
par linstruction annexée à la circulaire du 5 mai 1994, mais organise
cette visite selon un cadre méthodique (mise en uvre de grilles danalyse) et
plus formel (compte rendu détaillé des constatations et des recommandations).
La rédaction du paragraphe II-1 de linstruction annexée à
la circulaire du 5 mai 1994 est modifiée comme suit :
Larticle II.1 est remplacé par :« II-1. La mise
en service.
Avant la mise en service, il est procédé à des contrôles de
qualité qui portent dune part sur la sécurité routière, dautre part sur la
conformité des réalisations en matière de protection de lenvironnement avec les
engagements de lEtat, et globalement sur la conformité de louvrage réalisé
au projet.
Au moins un mois avant la date escomptée de mise en service, les
chaussées étant terminées et lensemble des équipements implantés, le maître
douvrage déclenche la procédure dinspection sur proposition du maître
duvre.
Ce délai peut être ramené à quinze jours avec laccord de
lIGR. »
Larticle II.1.1 est remplacé par : « II-1-1.
Sécurité routière.
Un audit de sécurité est organisé par linspecteur
général spécialisé dans le domaine routier (IGR), dans le cadre de sa mission de
contrôle extérieur de qualité :
- il passe une commande écrite à lauditeur
quil a choisi pour prescrire la (ou les) grille(s) danalyse qui doit(doivent)
être appliquée(s). Dans le cas où il le jugerait utile, et en accord avec le préfet de
département, lIGR peut demander que soient associés les services responsables de
la police de la circulation, les représentants des collectivités locales concernées et,
si besoin, les services de secours, pour être présents au moment de laudit.
- lauditeur remet à lIGR un compte rendu
de ses travaux, listant les écarts quil a décelés par application stricte de la
(ou des) grille(s) danalyse et faisant part, le cas échéant, de ses
observations. »
- lIGR établit des recommandations au vu du
compte rendu, de sa connaissance du projet et de sa propre visite sur le terrain,
sil le juge nécessaire avec, le cas échéant, le concours des services techniques
spécialisés. Les recommandations portent dune part sur la mise en conformité de
louvrage et de ses équipements aux normes et règles de lart et dautre
part, sur les observations à mener immédiatement après la mise en service. Il précise
le cas où les observations doivent lui être transmises ;
- lensemble constitué par le compte rendu et les
recommandations, désigné sous le terme de rapport dinspection, est alors transmis
par lIGR au maître douvrage (le directeur départemental de
léquipement pour les projets sous maîtrise douvrage de lEtat) avec une
proposition de mise en service ou non. Lorsque les recommandations mettent en cause, pour
une raison ou pour une autre, les normes ou règles techniques en vigueur, une copie du
rapport est transmise aux services techniques centraux compétents ;
- le maître douvrage décide, au vu du rapport
dinspection, des mesures correctives quil apporte au projet. Il propose alors
la décision de mise en service à lautorité compétente en matière de police de
la circulation et en vertu dautres réglementations spécifiques (tunnels et autres
ouvrages à risques), en précisant lunité responsable de lentretien et de
lexploitation. »
Observations :
1. En cas de mise en service sous circulation (cas des
opérations dites daménagement sur place), laudit étant lui aussi réalisé
sous circulation, les deux dispositions suivantes seront prises :
- un phasage des visites et mises en service doit être
défini par le maître douvrage ;
- le maître douvrage doit assurer la sécurité
des auditeurs sur le terrain.
2. Laudit de sécurité ne supprime pas la
nécessité, pour le maître duvre et le maître douvrage
dorganiser, sous leur responsabilité propre, leurs contrôles de qualité interne
et externe.
3. Linspecteur général spécialisé dans le
domaine routier (IGR) peut toutefois déléguer la responsabilité de linspection à
un autre agent du ministère. Cette personne, par exemple le responsable de la cellule
départementale dexploitation et de sécurité routières, doit être un tiers
extérieur au maître duvre. Elle est chargée de commander laudit dans
les mêmes formes. Elle rédige le rapport dinspection et ladresse au maître
douvrage avec copie à lIGR.
Les grilles danalyse pour laudit de sécurité
préalable à la mise en service sont régulièrement tenues à jour et diffusées par le
SETRA et le CERTU. Les exemplaires joints en annexe à la présente circulaire sont
les modèles actuellement validés.
3.2.2. Les auditeurs
Les auditeurs sont désignés parmi les agents
confirmés de catégorie B et A techniques exerçant des missions routières et ayant
suivi une formation qualifiante.
En fonction des besoins prévisibles, les IGR établissent, chacun
pour sa circonscription, la liste de ces agents, sur proposition des chefs de service
(directeurs départementaux de léquipement ou directeurs de centres détudes
techniques de léquipement) au regard des deux critères suivants :
- lexpérience professionnelle dont disposent ces
agents ;
- le fait davoir suivi le stage de formation
qualifiant (voir chapitre 4).
Cette désignation fait lobjet dune décision formelle
signée par lI.G.R.
3.3. Les bilans sécurité après mise en service
Les chapitres II-3-1 et II-3-3 de
linstruction annexée à la circulaire du 5 mai 1994 définissent les
modalités de réalisation des bilans de sécurité.
Toutefois, au regard des pratiques existantes, il est attendu de
la part des services des progrès significatifs pour répondre tant quantitativement que
qualitativement, aux dispositions prévues sur le sujet.
Un guide méthodologique, portant sur la réalisation des bilans,
sera diffusé aux services dans le cadre du dispositif daccompagnement.
Les bilans doivent répondre aux finalités suivantes :
1. Dès la mise en service, et pendant une période de
six mois, sont réalisées des observations ayant pour but de faire ressortir les points
suivants :
- le comportement des usagers (vitesse, compréhension
de la signalisation, manuvres inadaptées, cheminements piétons non
prévus...) ;
- les signes précurseurs dune accidentologie
(exemple : verre brisé, tracés de freinage, accidents matériels).
Ces observations se référent notamment aux recommandations
établies par lIGR après laudit.
Elles ont donc comme finalité de prendre des mesures correctives
immédiates.
2. Un bilan est établi après une période
significative, soit trois ans après la mise en service. Il fait ressortir les points
suivants :
- laccidentologie (nombre daccidents, taux,
gravité, répartition par type dimpliqués et de circonstances...) ;
- les diagnostics de sécurité quil convient de
prescrire si le bilan nest pas satisfaisant ;
- les modifications éventuelles à apporter à
laménagement ;
- les enseignements à en tirer : recommandations
pour des opérations futures, améliorations dans le management des projets routiers,
fourniture aux services techniques centraux déléments permettant de faire
progresser les règles de lart,
La finalité est de prendre des mesures correctives dans un bref
délai et de capitaliser les enseignements, positifs et négatifs, pour améliorer tout ce
qui doit lêtre : doctrine technique, conduite des projets, Pour cela, le
maître duvre est informé.
Les bilans sont systématiquement adressés à lIGR (qui les
soumettra aux services techniques centraux le cas échéant), à la direction régionale
de léquipement et au centre détudes techniques de léquipement.
La rédaction du paragraphe II-3.3 de linstruction annexée
à la circulaire du 5 mai 1994 est modifiée comme suit :
« Un bilan de sécurité est effectué pour toutes les
opérations, avec un recul suffisant, cest-à-dire trois ans après la mise en
service. Le directeur départemental de léquipement, maître douvrage,
précise à qui incombe la responsabilité de produire le bilan complet de la sécurité
sur laménagement. Il pourra sagir de la cellule départementale
dexploitation et de sécurité routières (CDES) ».
4. Les mesures daccompagnement
Linstauration du contrôle de
sécurité des projets routiers fait lobjet des mesures daccompagnement
suivantes :
- au niveau national, un programme de formation est
élaboré et actualisé au fur et à mesure des besoins, selon un cahier des charges
précis, afin de pouvoir être repris dans les formations en maîtrise douvrage
locale de qualification des auditeurs (« formations labellisées ») ;
- deux documents méthodologiques seront diffusés aux
services :
- un guide méthodologique pour
la réalisation des bilans de sécurité après mise en service ;
- un guide méthodologique pour
la mise en place dune démarche qualité « de prise en compte de la sécurité
dans les phases amont » ;
- un observatoire sera mis en place au SETRA avec
laide du CERTU pour capitaliser les enseignements du contrôle.
5. Mise en application
Le contrôle de sécurité des projets
routiers sera systématiquement mis en uvre dès parution de la présente circulaire
pour les nouveaux projets routiers inscrits dans les contrats de plan 2000-2006.
Pour ces opérations, laudit de sécurité avant mise en
service sera mis en uvre en fonction de la disponibilité effective dauditeurs
formés, de telle sorte que les dispositions de la présente circulaire ne constituent pas
une cause de retard dans les mises en service des ouvrages.
A lissue dune période de transition de deux ans, le
contrôle de sécurité des projets routiers sera ainsi rendu obligatoire pour toutes les
opérations mises en services au 1er janvier 2003.
Pour tous les projets qui relèvent dautres programmes
dinvestissements routiers de la direction des routes, la décision
dapprobation de lavant-projet sommaire précisera si lopération doit
faire lobjet du contrôle de sécurité des projets routiers.
| La directrice de la sécurité et de la circulation routières, I. Massin |
| Pour le ministre et par délégation : Le directeur des routes, P. Gandil |
Système de contrôle de qualité des projets routiers
| Etapes | Contrôle interne sous la responsabilité du maître duvre |
Contrôle externe sous la responsabilité du maître douvrage |
Contrôle extérieur de qualité sous la responsabilité du lIG Routes |
Etudes préliminaires |
A linitiative du maître
duvre |
Contrôle de qualité et conformité au vu de la circulaire du 5 mai 1994 |
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Avant-projet |
Contrôle de qualité et conformité au vu de la circulaire du 5 mai 1994 |
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Projet |
Contrôle de qualité et conformité au vu de la circulaire du 5 mai 1994 |
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Mise en service |
Sécurité : |
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