240-0 Journal officiel du 10 avril 2001 548
Instruction du 2 avril 2001 relative à lintervention des pouvoirs publics en cas daccidents maritimes majeurs
NOR : PRMX0104777J
Paris, le 2 avril 2001.
Le Premier ministre à Monsieur le ministre de léconomie, des finances et de lindustrie, Madame la ministre de lemploi et de la solidarité, Madame la garde des sceaux, ministre de la justice, Monsieur le ministre de lintérieur, Monsieur le ministre des affaires étrangères, Monsieur le ministre de la défense, Monsieur le ministre de léquipement, des transports et du logement, Monsieur le ministre de lagriculture et de la pêche, Madame la ministre de laménagement du territoire et de lenvironnement, Monsieur le ministre de la recherche, Monsieur le ministre délégué à la santé, Monsieur le secrétaire dEtat à loutre-mer, Monsieur le secrétaire dEtat à lindustrie, Madame la secrétaire dEtat au tourisme, Monsieur le secrétaire général de la mer, Monsieur le secrétaire général de la défense nationale, Messieurs les préfets maritimes, Messieurs les préfets des zones de défense du littoral (zones nord, ouest, sud-ouest, sud), Mesdames et Messieurs les préfets des départements littoraux, Messieurs les préfets des départements doutre-mer, Monsieur le préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon, Monsieur le préfet, représentant du Gouvernement à Mayotte, et Messieurs les hauts-commissaires de la République en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française.
1. Objet, champ dapplication
et principes directeurs de linstruction
Lensemble des mesures mises en uvre pour assurer la sécurité en mer et sur le littoral ne peut faire disparaître totalement le risque daccident à caractère maritime. Cest pourquoi les pouvoirs publics doivent disposer dune organisation capable de faire face aux conséquences dun tel accident, adaptée aux caractéristiques spécifiques du milieu marin et tenant compte de la simultanéité possible de menaces pour les vies humaines et pour lenvironnement.
En outre, un accident à caractère maritime a, la plupart du temps, des conséquences terrestres. La lutte et le secours en mer et à terre doivent donc être organisés de façon cohérente et complémentaire.
La présente instruction fixe les principes généraux délaboration et de mise en uvre des plans de secours et de lutte relatifs aux accidents maritimes majeurs, en métropole et outre-mer. Elle désigne les responsables de la prévision, de lalerte, de laction et de la coordination, au niveau local comme au niveau national. Elle précise larticulation des plans dans le cas dun sinistre survenant en mer ou sur le littoral et menaçant les personnes, les biens et lenvironnement. Elle détermine la maquette générale des plans de secours et de lutte en mer et à terre qui doivent être préparés par les préfets maritimes et les préfets des départements. Elle souligne lobligation de lactualisation des plans et de leur cohérence entre les départements dune même zone de défense. Elle rappelle également le caractère impératif de lentraînement des personnels de tous niveaux appelés à jouer un rôle dans la résolution des crises.
La sensibilité des questions environnementales justifie le recours à une expertise compétente et indépendante et à une communication de qualité. La complexité des problèmes à résoudre justifie une implication de nombreux niveaux dautorité, rendant nécessaire une coordination très structurée. Les plans contiennent donc aussi les mesures relatives à la mise en uvre des expertises en vue dactions clairement identifiées, laménagement dun circuit de communication interne et dinformation de lopinion, laccueil des bénévoles, mais également lensemble des mesures permettant le traitement complet du sinistre à lissue de la crise.
Le préfet maritime établit le volet maritime dun plan, en association avec chaque préfet de département du littoral dans sa zone de responsabilité.
Le préfet de département établit le volet terrestre dun plan, en association avec le préfet maritime.
Le préfet de la zone de défense est systématiquement associé à lélaboration des plans de secours et de lutte en mer et à terre de sa zone. Il veille à la cohérence du volet terrestre de ces plans dans sa zone de responsabilité.
Toutes les possibilités de coopération internationale sont recherchées, en particulier dans les zones limitrophes et conformément aux accords existants.
2. Responsabilité de lalerte, de laction
et de la coordination
2.1. Au niveau local
2.1.1. Accident majeur ayant son origine
dans la zone de responsabilité du préfet maritime
A partir de lappréciation quil porte sur lampleur de laccident et sur les moyens pour y faire face, le préfet maritime déclenche le volet maritime du plan : plan de secours à naufragés PSN/MER et/ou POLMAR/MER en cas de pollution du milieu marin. Il en informe aussitôt le (ou les) préfet(s) de zone de défense et les préfets des départements concernés ou susceptibles de lêtre compte tenu de la nature du sinistre. Il dirige les opérations dassistance aux personnes, la protection des biens et la lutte contre les sinistres et pollutions en mer.
Le préfet maritime est chargé de létablissement et du déclenchement des plans qui organisent lintervention des moyens étrangers.
A terre, la direction des opérations de secours est assurée par le préfet de département concerné qui déclenche, en tant que de besoin, le volet terrestre du plan : PSN/TERRE et/ou POLMAR/TERRE.
Lorsque les opérations intéressent le territoire de plusieurs départements, le Premier ministre peut placer lensemble des opérations de secours sous la direction de lun des préfets des départements concernés.
2.1.2. Accident majeur ayant son origine
dans la zone de responsabilité du préfet de département
Le préfet du département dirige les opérations de secours à terre et déclenche, le cas échéant, le plan POLMAR/TERRE. Il en informe aussitôt le préfet de zone de défense et le préfet maritime concernés ou susceptibles de lêtre compte tenu de la nature du sinistre.
Lorsque les opérations intéressent le territoire de plusieurs départements, le Premier ministre peut placer lensemble des opérations de secours sous la direction de lun des préfets des départements concernés.
En mer, la direction des opérations de secours est assurée par le préfet maritime concerné qui déclenche le volet maritime du plan : PSN/MER et/ou POLMAR/MER.
2.2. Coordination au niveau zonal
2.2.1. Accident majeur ayant son origine
dans la zone de responsabilité du préfet maritime
Le préfet de la zone de défense qui paraît la plus probablement impliquée active une veille opérationnelle dès que le volet maritime dun plan est déclenché par le préfet maritime. Il coordonne la mise en place préventive éventuelle des moyens dintervention.
Dès quun préfet de département déclenche le volet terrestre du plan, le préfet de la zone de défense assure la coordination de lensemble du dispositif, cest-à-dire le suivi de laction terrestre comme de laction maritime et aéromaritime, la cohérence de ces actions, la synthèse des informations et la cohérence de la communication au niveau local. Il assure la répartition des moyens de renfort entre les différents départements concernés.
Lorsquun sinistre affecte deux zones de défense, le Premier ministre peut désigner un préfet de zone comme coordonnateur unique.
Le préfet de la zone de défense assure la liaison entre léchelon local et léchelon national pour lensemble des questions qui ne relèvent pas de la compétence du préfet maritime (soutien logistique, définition de la communication, suivi financier, questions juridiques, etc.).
2.2.2. Accident majeur ayant son origine
dans la zone de responsabilité du préfet de département
Le préfet maritime active une veille opérationnelle dès que le volet terrestre dun plan susceptible de le concerner est déclenché par le préfet du département. Le préfet de zone assure la coordination de lensemble du dispositif.
Lorsquun sinistre affecte deux zones de défense, le Premier ministre peut désigner un préfet de zone coordonnateur unique.
2.3. Coordination au niveau national
2.3.1. Accident majeur concernant uniquement la mer
En cas dapplication du seul volet maritime dun plan, la coordination interministérielle est assurée par le ministre chargé de la mer. A cet effet, il sappuie sur le secrétariat général de la mer qui dispose alors du centre dinformation, de coordination et daide à la décision rattaché au centre opérationnel de la marine à Paris (CICADMER), renforcé, en tant que de besoin, par des experts.
2.3.2 Accident majeur concernant la mer et le littoral
En cas dapplication dun plan, simultanément en mer et à terre, ou seulement à terre, la coordination interministérielle est assurée par le ministre chargé de la sécurité civile. Il sappuie à cet effet sur le centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (COGIC) de la direction de la défense et de la sécurité civiles, en relation avec le secrétariat général de la mer.
2.3.3. Dispositif de coordination interministérielle
Dès le déclenchement dun plan POLMAR ou PSN, le ministre assurant la coordination interministérielle met en place, avec le concours du secrétariat général de la mer, une cellule de crise comportant des représentants des départements ministériels concernés.
Dans le cadre de la gestion globale de la crise, cette coordination interministérielle porte notamment sur :
– lorganisation de la remontée des informations, leur traitement et leur diffusion ;
– lanalyse et le suivi de la crise ;
– la mise en place des moyens de renfort ;
– le recours éventuel à des concours extérieurs.
Les administrations centrales assurent sans délai et aussi longtemps que nécessaire, en liaison avec le COGIC et le CICADMER, leurs missions dassistance et dappui dans les domaines de la communication et de lexpertise scientifique, juridique, technique et financière aux préfets maritimes ou de département chargés de la direction opérationnelle, ou au préfet de zone assurant, le cas échéant, la coordination. Elles leur fournissent, le cas échéant, les renforts permettant dassurer le fonctionnement des cellules de crise locales.
En outre, les ministères de la défense, de lintérieur, et de léquipement, des transports et du logement sont responsables, chacun en ce qui le concerne, du soutien en personnel et en logistique des administrations déconcentrées.
Les ministères chargés des finances et de lenvironnement sont responsables de la mise en uvre des procédures financières et dindemnisation, en liaison, en tant que de besoin, avec les ministères concernés.
Le ministère chargé de lenvironnement sassure dun traitement approprié des déchets et veille à ce que le nettoyage des sites pollués restaure, autant que faire se peut, la qualité écologique du littoral touché.
Le ministère chargé de la santé assure la coordination de lexpertise sanitaire concernant les risques auxquels sont susceptibles dêtre exposées les personnes participant au nettoyage des sites pollués et à la délivrance de soins à la faune touchée, ainsi que la population en général (toxicologie et suivi épidémiologique, etc.).
Le ministère de lagriculture et de la pêche, le ministère chargé de la santé et le ministère de léconomie, des finances et de lindustrie assurent, en concertation, la coordination de lexpertise sanitaire pour la qualité des produits de la mer.
Le ministère des affaires étrangères apporte son concours, en tant que de besoin, pour lexamen des questions juridiques relatives aux acteurs étrangers, pour la mise en uvre des accords et conventions de coopération et pour les implications du sinistre au regard du droit international.
3. Mise en uvre des actions locales
3.1. Echelon départemental
Lorsquun plan de secours terrestre est déclenché, le préfet du département met en place une cellule de crise (COD) qui dirige les opérations de secours et veille, en outre, à :
– informer en permanence létat-major mixte prévu au 3.2 ci-dessous mis en place, le cas échéant, auprès du préfet de zone de défense ;
– organiser la gestion des bénévoles (accueil, formation, information, protection, affectation, encadrement et logistique) ;
– mettre en place un suivi médical des intervenants ;
– affecter les moyens disponibles, quils appartiennent aux administrations, aux collectivités territoriales, aux établissements publics ou aux entreprises privées ;
– mettre en place une veille sanitaire (risques pour les personnes et produits comestibles) ;
– maintenir des relations avec les collectivités territoriales, les représentants socioprofessionnels et les associations ;
– assurer la sauvegarde des usages (baignades, marais salants, conchyliculture, prises deau thalassothérapie, algues).
3.2. Echelon zonal. - Etats-majors mixtes
En cas de déclenchement dopérations de secours mobilisant des moyens en mer et sur terre, sont mis en place deux états-majors mixtes, lun auprès du préfet maritime, lautre auprès du préfet de zone de défense.
Ces états-majors sont chargés dassurer une réflexion au profit des autorités en charge de la conduite des opérations, pendant toute la durée de celles-ci. Leur composition et leur fonctionnement sont prévus par les plans.
Organisés en cellule de crise, les états-majors mixtes comprennent des représentants des administrations concernées par la mise en uvre du plan.
Ils agissent dans les trois domaines ci-dessous.
3.2.1. Prise de mesures dexécution :
– centraliser les demandes de renfort en hommes et en matériel naval, aérien et terrestre ;
– affecter les moyens zonaux et nationaux ;
– communiquer en temps utile aux administrations centrales concernées les besoins logistiques ;
– gérer lespace aérien dans la zone du sinistre, en coordination avec la direction générale de laviation civile (zone réglementée) ;
– animer une cellule dexpertise ;
– mettre en place une veille sanitaire (risques pour les personnes et produits comestibles), en liaison avec les ministres chargés de la santé et de lagriculture et de la pêche ;
– utiliser le soutien que les responsables du sinistre peuvent apporter aux opérations.
3.2.2. Traitement de linformation :
– centraliser et analyser les informations relatives aux sinistres recueillies par les CROSS, CIRCOSC, COM, COD et COG ;
– renseigner en permanence le COGIC et le CICADMER ;
– recueillir les avis des experts à léchelon national ;
– coordonner la veille sanitaire mise en place par les départements, en liaison avec les ministres chargés de la santé, de lagriculture et de la pêche ;
– assurer un circuit de communication interne et externe ;
– exploiter les informations que les responsables du sinistre sont susceptibles dapporter ;
– diffuser lorganigramme de gestion de la crise.
3.2.3. Traitement des questions dordre juridique, économique et financier.
Les questions ou difficultés dordre juridique ou économique communes sont regroupées au niveau de la zone de défense, en relation avec les cellules financières prévues au 9.1, afin de les soumettre si nécessaire aux autorités centrales.
4. Articulation des différents plans
de secours et de lutte
Lorganisation des secours et de la lutte sinscrit, en mer, dans le cadre homogène de la préfecture maritime. A terre, elle est fixée au niveau départemental. La coordination doit intervenir à deux niveaux :
– interface mer-terre ;
– entre départements dune même zone de défense.
4.1. Interface mer-terre
Lorganisation de lintervention dans la frange littorale, lorsque les moyens de haute mer ne sont plus en mesure dintervenir, fait lobjet de mesures spécifiques dans le plan.
Celui-ci définit le rôle du directeur départemental des affaires maritimes, qui est en charge localement de lapplication des mesures décidées par le préfet maritime ou le préfet de département, en particulier lorsque le concours des professionnels de la mer est requis.
4.2. Entre départements dune même zone de défense
Un sinistre peut connaître une ampleur telle quil déborde le cadre du département (pollution ou accueil des naufragés). Les volets terrestres de deux plans départementaux doivent pouvoir être mis en uvre de façon cohérente et complémentaire. Cela implique quils aient été établis en concertation. Le préfet de zone de défense sassure de cette cohérence des plans de secours dans sa zone.
5. Conception, contenu
et maquette des plans de secours
5.1. Conception des plans
Les principes énoncés dans la présente instruction inspirent directement les plans préparés soit par le préfet maritime, soit par le préfet de département, chacun pour ce qui le concerne.
Afin dassurer la cohérence et la coordination nécessaires, les interfaces entre les actions en mer et les actions à terre, dune part, entre les actions menées à la limite de deux départements voisins, dautre part, font lobjet dune attention particulière et dune concertation active lors de la préparation des plans entre les représentants de lEtat en mer, à terre et de la zone de défense. Les dispositions correspondantes sont arrêtées et signées conjointement.
Enfin, les plans doivent prendre en compte la possibilité dune durée longue de la crise.
5.2. Contenu des plans
Les plans traitent dans leurs différents volets les catégories daccidents pouvant survenir en mer : abordage, échouement, naufrage, incendie, explosion, chute daéronef, pollution par hydrocarbures ou autres produits dangereux et polluants.
Pour chaque type de sinistre, les plans désignent les moyens dintervention à mettre en uvre en précisant les conditions de leur disponibilité :
– moyens de lEtat ou des collectivités locales ;
– moyens privés fournis par convention ;
– moyens privés disponibles sur réquisition ;
– moyens étrangers dans le cadre daccords internationaux.
Ils prévoient notamment les mesures intégrant dans le dispositif opérationnel le concours tant dorganisations non gouvernementales que de bénévoles, dont le statut et les conditions demploi sont précisés dans une annexe spécifique du plan.
Ils recensent les sites du littoral et les zones dactivité sensibles qui nécessitent des dispositifs de précaution adaptés. Ils hiérarchisent les priorités en fonction des intérêts économiques et écologiques, en tenant compte des moyens de protection disponibles.
Les plans suivants entrent dans le champ de la présente instruction :
– plan de secours à naufragés (PSN), avec un volet maritime (PSN/MER) et un volet terrestre (PSN/TERRE) ;
– plan de lutte contre la pollution du milieu marin (POLMAR), avec un volet maritime (POLMAR/MER) et un volet terrestre (POLMAR/TERRE).
Les maquettes des plans sont décrites en annexe.
6. Capacité dexpertise
En cas de pollution du milieu marin ou de menace datteinte à celui-ci, il est nécessaire de disposer immédiatement dune expertise compétente et indépendante, afin de mieux connaître les caractéristiques des produits polluants en cause (teneur, nature et toxicité), leur comportement dans leau, lair et leur déplacement, mais aussi dédicter des normes et des consignes de protection précises concernant la sécurité sanitaire (personnels sur les chantiers, population générale, population sensible), alimentaire (seuils de tolérance en polluant) et environnementale (conduite, traitement des chantiers et niveau de dépollution).
6.1. Au niveau national
Le ministre chargé de lenvironnement, en liaison avec le ministre chargé de la recherche et le ministre chargé de la santé, ainsi que lensemble des ministres concernés, constitue, avec lappui du secrétariat général de la mer, un comité dexperts en sappuyant sur les compétences scientifiques, les laboratoires et les établissements spécialisés.
Les conclusions de ce comité sont mises à la disposition des cellules de crise, tant au niveau national que local.
Le ministre chargé de la santé coordonne, en liaison avec lInstitut de veille sanitaire, le dispositif dexpertise sur les points suivants :
– évaluation des risques sanitaires pour la population exposée ;
– définition de consignes de protection ;
– suivi sanitaire ;
– évaluation du risque sanitaire résiduel après pollution ;
– suivi de limpact psychologique.
6.2. Au niveau local
Une cellule dexperts est constituée auprès du préfet de département ou du préfet de zone de défense si celui-ci assure la coordination de la gestion de la crise. Travaillant en liaison avec le comité dexperts prévu au 6.1, ce groupe fournit aux préfets les éléments nécessaires à leurs décisions. Il est composé de représentants des services déconcentrés de lEtat et des organismes dont la capacité dexpertise est requise par la nature de lévénement.
7. Concertation avec les collectivités territoriales
et concours des milieux socioprofessionnels
Une large concertation doit être réalisée par les préfets avec les collectivités territoriales et les organisations socioprofessionnelles et de protection de la nature pour létablissement des plans et la gestion de la crise.
Cette concertation porte en particulier sur :
– la définition des zones sensibles à protéger et des priorités à fixer au niveau de la zone de défense ;
– la gestion des renforts humains et matériels des administrations ;
– laccueil, lencadrement et la gestion des bénévoles ;
– les concours des services communaux directement concernés ;
– le stockage des produits ramassés et le choix des sites, avec le concours des DRIRE ;
– le recensement des concours que pourraient apporter les organisations socioprofessionnelles et de protection de la nature.
8. Information du public, relations avec les médias
8.1. Au niveau local
Dans le cadre des orientations fixées par lautorité en charge de la gestion de la crise au niveau national, les relations avec les médias et linformation destinée au grand public sont du ressort des préfets de zone de défense et des préfets maritimes.
8.2. Au niveau national
Linformation relève du ministre chargé de la coordination centrale des moyens.
Lorsque, à loccasion dune crise de grande ampleur, le Premier ministre désigne un ministre pour assurer la gestion dun problème particulier, celui-ci assure la communication associée.
9. Aspects juridiques et financiers
9.1. Financement des moyens de lutte
Dans les conditions prévues par une instruction spécifique, des cellules financières sont mises en place auprès des préfets maritimes et des préfets de département. Elles sont chargées de dresser le bilan des dépenses supportées par les services de lEtat et par les collectivités territoriales qui participent à la lutte.
En cas de pollution du milieu marin, lorsque des moyens de lutte supplémentaires sont nécessaires, il est fait appel au fonds POLMAR ouvert auprès du ministère chargé de lenvironnement, dans les conditions fixées par une instruction spécialisée.
9.2. Indemnisation des préjudices
Les préfets de département et les préfets maritimes, le cas échéant, veillent à assurer linformation des victimes dans leurs démarches tendant à lindemnisation des préjudices subis.
9.3. Mesures précontentieuses et contentieuses
Les mesures tendant à assurer la garantie des intérêts de lEtat et le traitement des contentieux font lobjet dune instruction spécifique.
10. Exercices, évaluation, révision des plans
Le secrétariat général de la mer veille à ce que les moyens de lutte et de secours en mer et à terre restent adaptés aux risques de crise en mer et sur le littoral. Il sappuie sur le dispositif dexpertisemis en place par le ministère chargé de lenvironnement. Il établit un bilan annuel et propose les adaptations qui apparaîtraient nécessaires pour disposer en permanence des moyens de lutte fonctionnellement adaptés.
Un point périodique sur létat des moyens, lentraînement des personnels et la préparation des structures de coordination est réalisé à linitiative des préfets maritimes lors des conférences maritimes régionales.
Un exercice PSN de secours à naufragés a lieu annuellement sur chacune des trois façades en métropole et, outre-mer, dans chaque zone relevant dun préfet ou haut commissaire délégué du Gouvernement pour laction de lEtat en mer. Le volet terre du plan doit être mis en uvre chaque année dans un département différent.
De même, un exercice POLMAR/MER a lieu annuellement, sur chacune des trois façades en métropole et, outre-mer, dans chaque zone relevant dun préfet délégué du Gouvernement pour laction de lEtat en mer. Il est articulé avec un exercice POLMAR/TERRE.
Un exercice POLMAR/TERRE est organisé dans chaque département et outre-mer dans chaque DOM ou TOM, tous les trois ans au moins, et un exercice majeur associant un (ou plusieurs) département(s) est organisé chaque année par façade maritime en métropole. Ces exercices ont pour but dévaluer lefficacité du dispositif, dentraîner les personnels et de mesurer la disponibilité et lefficacité des matériels. Le ministre chargé de la mer et le ministre chargé de la sécurité civile veillent au respect de ce calendrier. Ils prévoient linscription à leur budget des crédits nécessaires.
A loccasion de ces exercices, le ministre chargé de la mer ou le ministre chargé de la sécurité civile, selon laccident maritime majeur simulé, peut décider de compléter ces exercices conduits au niveau local par un exercice portant sur la coordination au niveau national.
Les exercices sont suivis systématiquement dun bilan et les plans sont révisés si nécessaire. Le secrétariat général de la mer assure la diffusion de ce bilan au niveau national.
11. Dispositions relatives à loutre-mer
Les principes définis dans la présente instruction sont applicables à loutre-mer.
Les responsabilités exercées en métropole par les préfets maritimes, les préfets de département et les préfets de zone de défense, telles que définies par la présente instruction, sont exercées outre-mer par le délégué du Gouvernement.
Fait à Paris, le 2 avril 2001.
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Lionel Jospin |
A N N E X E
MAQUETTE DES PLANS DE SECOURS
Les maquettes des plans sont constituées de dispositions communes, quel que soit le type de plan, et de dispositions spécifiques à un type de plan considéré.
1. Dispositions communes à tous les plans
Les points suivants figurent dans tous les plans :
– les procédures de mise en uvre de veille opérationnelle et de déclenchement de plan ;
– les procédures dalerte selon les différentes situations ;
– lorganisation et les missions des états-majors de lutte et leurs missions ;
– la coordination avec la zone de défense ;
– les compétences des directions régionales et départementales des services de lEtat concernés en matière de lutte contre la pollution ;
– lorganisation de la continuité daction aux lieux dinterface mer-terre ou départements dune même zone de défense ;
– les mesures spécifiques relatives à laction dans la frange littorale ;
– lorganisation et la concertation de laction avec les élus (services communaux, gestion des bénévoles...) ;
– lintégration dans le dispositif dintervention de lopérateur du transport sinistré, de laffréteur, de larmateur, de lexploitant industriel impliqué, du pollueur, de lautorité consulaire ;
– les communications entre centres de décision, les relations avec les médias ;
– les annuaires et les listes dastreintes actualisés.
2. Dispositions spécifiques au plan de secours à naufragés (PSN)
Une instruction particulière relative au secours à naufragés définit dans le détail le contenu des plans dont les principes sont donnés ci-dessous.
Les volets mer et terre constituent le plan de secours à naufragés (PSN). Les deux volets sont conçus pour sarticuler étroitement, des dispositions devant être arrêtées conjointement par le préfet maritime et le préfet de département. Il sagit notamment :
– de linventaire des lieux de débarquement et de rassemblement des naufragés ;
– de la coordination des renseignements en vue de linformation des familles.
2.1. PSN/MER
Dans sa zone de responsabilité, le préfet maritime établit le volet maritime du plan de secours à naufragés (recherche et sauvetage), qui prévoit :
– lorganisation de laction par lintermédiaire du CROSS ;
– le déclenchement du plan avec activation des liaisons spécifiques ;
– la coordination des secours ;
– la police du plan deau et de lespace aérien dans la zone du sinistre ;
– les moyens en personnels et en matériels, y compris la possibilité de faire appel à ceux des régions maritimes voisines, dautres administrations, organismes ou pays voisins ;
– lutilisation des moyens lourds pour lévacuation aérienne ou la lutte contre lincendie ou la pollution aggravant la situation des personnes à évacuer.
2.2. PSN/TERRE
Dans chaque département littoral, le préfet établit le volet terrestre du plan de secours aux naufragés qui comporte les missions de recueil de naufragés à la côte, comme daccueil des victimes issues des actions du PSN/MER.
Le PSN/TERRE doit être avant tout un instrument de liaison avec les plans destinés à porter secours à de nombreuses victimes au sens du décret relatif aux plans durgence.
Le volet terrestre du plan doit traiter :
– lorganisation pour laction et la définition des postes de commandement fixes et opérationnels ;
– les moyens en personnels et en matériels aéroterrestres à mettre en uvre, y compris la possibilité de faire appel à ceux des départements voisins, voire internationaux si limportance ou lurgence du sinistre le justifie ;
– le déclenchement du plan et linformation des maires concernés ;
– la coordination des secours ;
– linventaire détaillé de tous les moyens disponibles pour le rapatriement rapide des rescapés non médicalisés ;
– létablissement dun périmètre de sécurité autour des points de débarquement ou datterrissage et des installations médicales ;
– la structure nécessaire au recensement et à laccueil des naufragés blessés ou indemnes et à lidentification et la prise en charge des victimes dès leur arrivée à terre ;
– les moyens dinformation à lintention des familles des victimes ;
– le traitement des victimes décédées ;
– les aspects linguistiques.
3. Dispositions spécifiques au plan de lutte
contre la pollution maritime ou littorale (POLMAR)
Le contenu des plans figure dans une instruction particulière POLMAR relative à la lutte contre la pollution du milieu marin. Il est conforme aux principes énoncés ci-dessous.
3.1 POLMAR/MER
Dans chaque zone de responsabilité, le préfet maritime établit le volet maritime du plan de lutte contre les pollutions, POLMAR/MER, qui doit comporter un inventaire systématique des moyens navals et aériens civils et militaires disponibles pour faire face à une menace de pollution (remorqueurs de haute mer, dispositif dallégement, etc.) ou pour lutter contre les pollutions et uvrer à la restauration du milieu marin (matériel de ramassage spécialisé en mer, navires et aéronefs dobservation et dépandage de dispersant, etc.).
Ce volet maritime doit comporter, en outre :
– lévaluation des risques, des conséquences et dommages ;
– lévaluation des conditions de météorologie et de courants, de durée et de délais avant pollution du littoral ;
– le suivi de la dérive des polluants ;
– un plan de secours pour la faune touchée ;
– lalerte et linformation des autorités à terre dans tous les cas de menaces pour le littoral.
3.2. POLMAR/TERRE
Dans chaque département littoral, le préfet établit le volet terrestre du plan POLMAR/TERRE, qui doit comporter :
– un inventaire des zones à protéger préventivement en tenant compte des impératifs socio-économiques et techniques définis avec les acteurs locaux et les responsables opérationnels ;
– un plan de secours pour la faune touchée ;
– les plans de pose des barrages et la logistique associée ;
– linventaire actualisé et exhaustif des matériels publics et privés de lutte avec les procédures de mise à disposition et les conditions demploi ;
– la liste actualisée des experts locaux pouvant compléter le réseau national ;
– la nature et le traitement des échantillons en vue du suivi sanitaire et environnemental et dans la perspective du traitement du contentieux (procédures de recueil et danalyse) ;
– linventaire actualisé des sites possibles de stockage temporaire des déchets récupérés ; il doit être réalisé en accord avec les élus du littoral et recevoir une validation technique de la part des opérationnels, de la DDASS pour limpact du choix des sites sur les captages deau et de la DRIRE ;
– un plan de transport des cultures et élevages marins ;
– les possibilités dhébergement des personnels de lutte ;
– laccueil des bénévoles : recueil du volontariat, recensement des besoins locaux, répartition des personnels, logistique complète, encadrement et information claire ;
– la liste des organismes locaux possédant une compétence en matière de lutte contre les pollutions ;
– les dispositions à prendre, si nécessaire, pour le suivi médical des intervenants.