Texte non paru au Journal officiel 1277
MINISTÈRE DU LOGEMENT
ET DE LA VILLE
MINISTÈRE DE LINTÉRIEUR,
DE LOUTRE-MER
ET DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES
Circulaire DGALN/DHUP du 14 octobre 2008
relative à la prévention des expulsions locatives
NOR : MLVU0807530C
Le ministre du logement et de la ville ; le ministre de lintérieur, de loutre-mer et des collectivités territoriales à Madame et Messieurs les préfets de région ; Mesdames et Messieurs les préfets de département.
Avec plus de 130 000 assignations, et plus de 100 000 décisions de justice prononçant lexpulsion par an, le risque dexpulsion locative concerne une part significative des ménages locataires ; si les chiffres concernant les interventions effectives de la force publique sont heureusement inférieurs (plus de 10 000 interventions par an, soit 44 par jour de la période hors trêve hivernale), ils sont cependant préoccupants.
De plus, et malgré les efforts notables fournis dans certains départements, lensemble de ces indicateurs témoignent dune augmentation rapide du nombre de situations concernées à tous les stades de la procédure, avec des évolutions moyennes annuelles entre lannée 2000 et 2006 qui atteignent :
+ 4,2 % pour les jugements dexpulsion,
+ 2,4 % pour les demandes de concours de la force publique,
+ 10,5 % pour les expulsions effectives (avec intervention de la force publique).
La croissance des loyers dans la même période 2000-2006 (+ 2,2 % dans le parc public et + 2,8 % dans le parc privé en moyenne annuelle, soit une hausse de 13,6 % dans le parc public et 17,9 % dans le parc privé) fournit assurément une explication ; elle justifie également que les efforts des pouvoirs publics redoublent pour remédier à cette situation.
Au-delà de ces chiffres et de la question du logement, lexpulsion est lourde de conséquences pour linsertion des personnes et familles concernées ; elle conduit souvent à laggravation de leur précarité, sur tous les plans (emploi, santé, vie familiale et éducation...).
Dans ce contexte, lamélioration des démarches de prévention constitue un enjeu de premier ordre pour éviter lexpulsion et lexclusion qui en résulte. Or si, dans 80 départements, la prévention des expulsions constitue un des volets daction du plan départemental daction pour le logement des personnes défavorisées (PDALPD) et les ménages de bonne foi menacés dexpulsion figurent bien dans les publics prioritaires de ce plan, seuls 36 départements disposaient, au 1er janvier 2007, dune charte de prévention des expulsions effectivement en vigueur.
De nombreux dispositifs et outils de prévention existent en effet, certains ont déjà été mis en uvre et fait leurs preuves, dautres viennent dêtre créés. Il sagit aujourdhui, dans chaque département, à partir dun état des lieux partagé de la situation, de définir une stratégie et un programme daction adapté aux enjeux locaux, en partenariat avec lensemble des acteurs concernés.
Ainsi, la présente circulaire vise à accompagner cette démarche, en vous donnant ainsi quà vos services les points de repère utiles à lorganisation de laction et à la mobilisation des nouveaux outils mis à votre disposition.
De façon générale, vous avez un rôle essentiel de pilotage et danimation des acteurs locaux, sur la base dengagements, dobjectifs et dindicateurs de résultats à définir dans la charte pour la prévention des expulsions qui doit être réactivée et constituer une action stratégique des plans départementaux daction pour le logement des personnes défavorisées, ceci pour privilégier un traitement amont efficace des situations dimpayés avant le jugement (cf. annexe I).
Plus spécifiquement, il vous revient, conformément au décret no 2008-187 du 26 février 2008 relatif à la commission spécialisée de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, de proposer en fonction des enjeux locaux de mettre en place une commission spécialisée de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (cf. annexe II).
Jattire particulièrement votre attention sur lintérêt, voire la nécessité, en terme de cohérence des actions de prévention des expulsions locatives, que peut représenter la mise en place de cette commission qui permettra de coordonner les décisions des acteurs compétents sur la gestion des aides personnelles au logement (dans le parc privé comme dans le parc public), des aides du FSL, la mobilisation des possibilités de relogement ou dhébergement et les décisions doctroi du concours de la force publique qui devront être précédées, sauf en cas de refus du locataire, dune enquête sociale. Cest le sens des préconisations de la mission dEtienne Pinte pour prévenir la mise à la rue et des recommandations figurant dans la circulaire du Premier ministre du 22 février 2008 relative à la mise en uvre du grand chantier prioritaire 2008-2012 pour lhébergement et laccès au logement des personnes sans abri.
Enfin, dans la mesure où les ménages susceptibles dêtre expulsés constituent une des catégories prioritaires du droit au logement opposable prévu par la loi no 2007-290 du 5 mars 2007, il convient de souligner que la limitation des recours gracieux et contentieux émanant de ces ménages auprès de la commission de médiation dépendra largement du portage politique local et dune organisation efficace de la prévention des expulsions.
En tout état de cause, vous veillerez à ne pas laisser perdurer des situations, génératrices de coûts humains, sociaux et économiques élevés pour les ménages de bonne foi et les bailleurs au risque non seulement den accroître la gravité mais aussi les réticences des bailleurs privés à la mise en location de leurs biens.
Pour les ménages de bonne foi, qui ne disposent pas de la capacité financière suffisante pour rester dans leur logement, notamment si la procédure en est au stade du jugement dexpulsion doté de la force exécutoire, la recherche dun relogement adapté aux ressources doit être privilégiée avant toute exécution. En cas dimpossibilité, la mise en place dun dispositif encadré dintermédiation associative avec sous-location ou hébergement du ménage dans son logement, dans lattente du relogement, peut également être une solution à proposer au bailleur en vous appuyant sur les opérateurs professionnalisés dans ce domaine.
Dans tous les cas, vous veillerez à proposer une possibilité dhébergement aux personnes à la suite de lexpulsion.
La mise en uvre de telles orientations pourra impliquer, dans le cadre des PDALPD et en lien étroit avec les collectivités locales, de renforcer les dispositifs de relogement et dhébergement adaptés existants.
Enfin, la prévention des expulsions repose également sur la poursuite de leffort de construction de logements sociaux accessibles aux personnes à revenus modestes notamment dans les zones les plus tendues.
Pour mieux connaître au niveau national les dispositifs de prévention des expulsions locatives dans les départements et les mesures mises en uvre localement pour améliorer la prévention, il vous est demandé de faire remonter des éléments quantitatifs et une synthèse concernant la prévention des expulsions dans votre département, par courrier et par mail (martine.cronel-angebault@developpement-durable.gouv.fr) avant le 1er octobre 2008, à laide de la grille danalyse jointe à la présente circulaire (cf. annexe III). Une synthèse nationale sera ultérieurement adressée à lensemble des services déconcentrés en mettant notamment en exergue les bonnes pratiques constatées qui pourraient être développées.
Vous voudrez bien rendre compte à la DGUHC des éventuelles difficultés de mise en uvre de cette circulaire.
Fait à Paris, le 14 octobre 2008.
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Pour le ministre du logement et de la ville : Le directeur de cabinet, A. Lecomte |
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Pour le ministre de lintérieur, de loutre-mer et des collectivités territoriales : Le directeur de cabinet, M. Delpuech |
A N N E X E S
SOMMAIRE DES ANNEXES
ANNEXE I
LA CHARTE POUR LA PRÉVENTION DES EXPULSIONS LOCATIVES
A. – Expulsions locatives : rôle du comité responsable du PDALPD
B. – Les objectifs de la charte
C. – Lélaboration de la charte pour la prévention des expulsions locatives
D. – Le contenu de la charte et les modalités de suivi des objectifs
Les engagements des partenaires
Actions à prévoir dans le cadre des engagements
Les indicateurs de suivi
ANNEXE II
LA COMMISSION SPÉCIALISÉE DE COORDINATION DES ACTIONS DE PRÉVENTION DES EXPULSIONS LOCATIVES
A. – La création et la composition de la commission
Opportunité de la création
Mise en place de la commission
Codécision de création avec le président du conseil général
Mise en place dune convention avec les organismes payeurs
Les membres de la commission
B. – Le champ de compétence de la commission
C. – Le rôle de la commission
Les avis de la commission
Les recommandations de la commission
Une expertise en matière doctroi ou non du concours de la force publique
Le suivi dans le temps
D. – Le fonctionnement de la commission
Des procédures simplifiées
Lorganisation territoriale du travail de la commission
Ladoption dun règlement intérieur
E. – Le secrétariat : le traitement coordonné des dossiers
Le secrétariat de la commission
La saisine de la commission
Les possibilités et modalités de saisine
Les adresses de saisine
Linstruction et le suivi des dossiers des locataires
Précisions sur linstruction et le suivi des dossiers des bénéficiaires dAPL accédants à la propriété
Les moyens financiers
Les relations entre instructeurs et décideurs
La notification des avis, des décisions et leur suivi
Les délais impartis à la commission
F. – Schéma récapitulatif du traitement dun dossier dimpayé
ANNEXE III
BILAN DU DISPOSITIF DÉPARTEMENTAL DE PRÉVENTION DES EXPULSIONS LOCATIVES
A. – Eléments chiffrés
B. – Eléments qualitatifs
Typologie des ménages pour lesquels un jugement dexpulsion a été prononcé (tableaux)
C. – La charte pour la prévention des expulsions
D. – Vos conclusions
ANNEXE IV
LE CONTEXTE LÉGISLATIF ET RÉGLEMENTAIRE, LES TEXTES DE RÉFÉRENCE
A. – Textes législatifs
B. – Textes réglementaires
C. – Circulaires concernant la prévention des expulsions locatives
A N N E X E I
LA CHARTE POUR LA PRÉVENTION
DES EXPULSIONS LOCATIVES
Comme la déjà rappelé la circulaire no 2005-32 du 11 mai 2005 relative à la prévention des expulsions locatives (cf. annexe IV), les chartes pour la prévention des expulsions locatives, prévues à larticle 121 de la loi du 29 juillet 1998 dorientation relative à la lutte contre les exclusions, lorsquelles ont été mises en place, se réduisent trop souvent à des documents formels dépourvus de véritables engagements de la part de lensemble des partenaires. Même si tel nest pas le cas dans votre département, il vous est demandé de procéder, en accord avec le président du conseil général, à un état des lieux aussi complet que possible de lensemble du dispositif mis en place localement pour en mesurer ses effets et apprécier son impact.
A. – Expulsions locatives : rôle du comité
responsable du PDALPD
Il appartient au comité responsable du plan de :
– procéder à létat des lieux du dispositif départemental de prévention des expulsions tant sur le plan quantitatif (évolution du nombre dexpulsions effectivement réalisées rapporté au nombre de procédures engagées en vue dobtenir la résiliation du bail) que qualitatif (profil socio-économique des ménages, parc de logement concerné, analyse des raisons ayant conduit à lexpulsion) (cf. annexe III) ;
– redéfinir les objectifs à atteindre et les actions à entreprendre en matière de prévention des expulsions locatives et qui devront se traduire dans la charte ;
– instaurer, si elle représente un apport au regard de létat des lieux et de lefficacité du dispositif de prévention existant, la commission spécialisée de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (cf. annexe II) ;
– suivre, à partir des bilans annuels de la charte et, le cas échéant, de la commission qui lui seront présentés, les actions réalisées et piloter le dispositif densemble en proposant, si besoin, des modifications des objectifs, des indicateurs et des actions ;
– vérifier que le fonds de solidarité pour le logement et, le cas échéant, les fonds locaux, concourent aux objectifs du plan notamment à la prévention des expulsions et au relogement des ménages menacés dexpulsion ou expulsés de bonne foi et faire des propositions en la matière ;
– évaluer lensemble du dispositif en vue de sa révision si elle savère nécessaire.
En tout état de cause, cet état des lieux et les conclusions qui en seront tirées devront faire lobjet du plus large consensus de la part de tous les partenaires. Il constituera un appui pour entreprendre, si nécessaire, la révision de la charte et décider de la création de la commission spécialisée de coordination des actions de prévention locative dans le département.
B. – Les objectifs de la charte
Dans le respect des orientations définies par le comité responsable du PDALPD, lobjectif principal de la charte est de définir au niveau local une stratégie partagée par lensemble des partenaires, et un programme dactions, pour améliorer la prévention des expulsions à tous les stades de la procédure. Il sagit, tout particulièrement, de diminuer, dans la mesure du possible, le nombre des assignations et donc le nombre de jugements prononçant la résiliation du bail.
La réussite des actions de prévention prévues par la charte doit également permettre de réduire, de manière significative, tout au long de la procédure, le nombre de situations qui font lobjet dune demande et dun accord du concours de la force publique.
Les actions à envisager dans un tel cadre concernent tous les risques dexpulsion quelle quen soit la cause : impayés locatifs mais également tout autre motif, par exemple, troubles de voisinage, récupération de logement en fin de bail, congé pour vente ou reprise personnelle...
C – Lélaboration de la charte pour la prévention
des expulsions locatives
En votre qualité de représentant de lEtat dans le département, vous êtes le garant de la qualité de la charte pour la prévention des expulsions locatives et vous êtes responsable de son animation.
Pour réaliser pleinement leur mission, il est indispensable que tous les partenaires soient partie prenante de la charte et sen approprient les objectifs et les modalités de mise en uvre. En effet, de la qualité du partenariat découle très largement la réussite de la stratégie locale en matière de prévention des expulsions locatives. Les conclusions dégagées à la suite de létat des lieux et la publicité que vous jugerez opportun den faire constitueront des arguments importants pour vaincre déventuelles réticences. Enfin, vous ne manquerez pas de mettre en évidence les conséquences, tant sur le plan social quéconomique, des expulsions, qui justifient pleinement la mise en uvre dune politique de prévention efficace.
Pour ce faire vous veillerez à ce que, en sus de vos principaux partenaires (conseil général, organismes payeurs des aides personnelles au logement) co-animant ce dispositif, lensemble des acteurs de terrain soient bien associés aux travaux délaboration de la charte : les acteurs de la justice, les collectivités territoriales et leurs groupements, les représentants des bailleurs publics et privés, les représentants des organismes collecteurs de la participation des employeurs à leffort de construction, les associations dont lun des objets est linsertion ou le logement des personnes défavorisées, la défense des personnes en situation dexclusion par le logement, la défense des locataires ou la représentation des familles.
En particulier, sagissant des représentants des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) ou des communes, vous vous assurerez quils sont bien conviés à ces travaux, notamment lorsque :
– des EPCI sont responsables dinstances locales du PDALPD ou de fonds locaux du fonds de solidarité pour le logement ;
– des EPCI ou communes ont délégation pour la gestion du contingent préfectoral ;
– des EPCI sont délégataires des aides à la pierre.
Compte tenu du rôle que peuvent jouer les communes et leurs groupements dans la prévention des expulsions, par le concours des travailleurs sociaux des CCAS et des CIAS et lutilisation des droits de réservation propres de ces collectivités, il est également important de les associer à la charte même si ces collectivités ne gèrent pas de fonds locaux ou ne sont pas délégataires au titre du droit de réservation préfectoral.
Laccent doit également être mis sur le renforcement du partenariat avec les bailleurs privés.
De plus, vous vous attacherez tout particulièrement à ce que le président du tribunal de grande instance, en sa qualité de président du conseil départemental de laccès au droit (CDAD), le représentant de lordre des avocats, celui de la chambre départementale des huissiers et celui de la commission de surendettement soient également invités à participer aux travaux délaboration de la charte.
Vous veillerez enfin à ce que lassociation départementale dinformation sur le logement (ADIL) soit associée à létat des lieux du dispositif départemental de prévention des expulsions, ainsi quaux travaux délaboration de la charte. Je vous rappelle que dans le cadre dune expérimentation lancée en 2003 par le ministère en charge du logement, certaines ADIL ont développé une action spécifique à travers lanimation des chartes départementales, lanalyse organisationnelle du dispositif de prévention dans le département, linformation juridique aux locataires en impayé, lexpertise de la dette et la mise en place dactions de formation notamment des travailleurs sociaux du département, des organismes payeurs des aides personnelles au logement, des CCAS et des CIAS. Si votre département ne dispose pas dune ADIL, vous saisirez cette occasion pour suggérer au conseil général tout lintérêt de sa mise en place.
La procédure délaboration se conclut par la signature de la charte par les partenaires ayant accepté de contribuer à cette élaboration.
Au-delà de cette signature, il conviendra dorganiser un suivi régulier et partenarial des engagements pris par les signataires et des résultats obtenus.
D. – Le contenu de la charte et les modalités
de suivi des objectifs
Les engagements des partenaires
Les engagements des partenaires ne sauraient, comme cela a été relevé à plusieurs reprises, se limiter à réaffirmer de façon générale ce que les textes ont déjà prévu ou à confirmer des pratiques professionnelles courantes. Ces engagements doivent être concrets, ils doivent répondre à des besoins identifiés dans le département comme des clés de réussite de la prévention et les modalités locales de mise en uvre de ces engagements devront être précisées.
Cest le cas de linformation à lintention tant des bailleurs privés que des locataires et des agences immobilières sur les démarches à adopter le plus en amont possible en cas dimpayé. Cette information apparaît comme une condition de réussite de la prévention des expulsions, relevée à maintes reprises.
Au-delà de linformation, des actions de médiation peuvent être prévues, notamment sur le secteur privé, pour favoriser un traitement de la situation évitant le recours à la procédure.
Cest également le cas de la réalisation des enquêtes sociales, à laquelle vous veillerez, et de leur transmission aux juges afin dapporter à ces derniers les principaux éléments facilitant leurs décisions.
Il nest pas inutile de rappeler que lenquête sociale des ménages assignés nest pas une nouveauté. Enoncée dans la circulaire du 9 février 1999 relative à la prévention des expulsions locatives pour impayés (parue au Journal officiel du 17 février 1999), elle résulte de la loi no 98-657 du 29 juillet 1998 dorientation relative à la lutte contre les exclusions (art. 114 prévoyant, pour les assignations, un délai de deux mois avant laudience afin que le préfet puisse saisir le FSL ou les services sociaux compétents). Suite à cette disposition législative, les dotations de lEtat aux FSL ont été fortement majorées pour prendre en compte le surcoût de dépenses (hausse de 81,2 % des dotations de lEtat aux FSL de 1997 à 1999). Cette majoration a été intégrée dans le calcul de la compensation versée depuis 2005 par lEtat aux conseils généraux, au titre du transfert du FSL.
Sagissant de lenquête sociale, deux points paraissent essentiels :
– il convient tout dabord de bien déterminer, avec le conseil général et les autres acteurs de la charte de prévention, le contenu de cette enquête, à partir des besoins de connaissance des juges sur la situation des ménages, sans nécessairement viser une enquête sociale exhaustive et en sappuyant sur les éléments de connaissance déjà existants sur la situation des ménages concernés ;
– il convient ensuite, dans le cadre du PDALPD, de bien calibrer, sur la base dune négociation avec le conseil général, en prenant en compte les appuis possibles des CCAS, les besoins denquêtes sociales et donc le coût correspondant pour la prévention des expulsions, au regard de lensemble des actions nécessaires en matière denquêtes sociales et daccompagnement social au logement mobilisées par le plan.
Un guide sur lenquête sociale (cf. note 1) à destination plus particulièrement des travailleurs sociaux a été diffusé très largement en 2005 et sera actualisé prochainement. Il décrit de manière pratique lensemble des éléments à prendre en compte pour réaliser, conformément à larticle 114 de la loi du 29 juillet 1998, une évaluation utile au juge de la situation juridique, économique et sociale du ménage.
Afin de réaliser les enquêtes sociales, le département peut aussi prévoir la mise à disposition de travailleurs sociaux du département pour réaliser les enquête sociales et/ou le financement par le FSL de travailleurs sociaux dautres organismes.
Outre les aides aux impayés locatifs, les cautionnements accordés dans le cadre dun accès locatif et laccompagnement social lié au logement, le FSL peut apporter une aide importante en matière de prévention des expulsions par des possibilités en matière de :
– cautionnement des ménages dans le cadre dun maintien : à loccasion de la signature dun nouveau bail, suite à la conclusion dun protocole, le précédent bail ayant été résilié ; le ménage ne change pas de logement, le cautionnement peut toutefois être utile pour inciter le bailleur à signer à nouveau un bail avec son précédent locataire ;
– apurement des dettes antérieures (loyers, charges locatives, charges dues à des fournisseurs, frais dassurance) à loccasion de laccès à un nouveau logement ;
– prise en charge des frais de procédure incombant aux ménages ;
– garantie apportée aux associations faisant de la sous-location et se substituant au bailleur.
A travers les chartes, les conseils généraux peuvent prendre lengagement que les règlements intérieurs des FSL prévoiront ces aides que la loi a mis dans leurs champs de compétence mais quelle ne leur impose pas.
Enfin, concernant le FSL, il est utile de rappeler un arrêt de la cour dappel de Lyon (audience publique du 20 mars 2002, numéro de pourvoi 2000/07542), selon lequel un bailleur ne peut pas refuser une aide du FSL apurant la totalité de limpayé, en application de larticle 1236, alinéa 2, du code civil (cf. note 2) .
Il convient en outre de préciser que le FSL ne peut pas exiger du bailleur un renoncement à des poursuites fondées sur des manquements contractuels postérieurs à loctroi de laide en cause.
Dautres engagements peuvent porter sur lanalyse et le traitement de la dette. Les associations spécialisées et, en particulier les ADIL, peuvent ainsi, entre autres actions, proposer une ligne téléphonique directe ouverte aux travailleurs sociaux et le renforcement des actions de formation en direction des différents acteurs de la charte, des travailleurs sociaux ou encore des propriétaires privés.
Les caisses dallocations familiales (CAF), ainsi que les caisses de mutualité sociale agricole (CMSA), peuvent mener des actions à des stades multiples : en amont de la phase préventive (actions de communication vers les bénéficiaires dallocation de logement en situation dimpayé, sensibilisation des bailleurs privés sur lintérêt du tiers payant et le signalement systématique des impayés), durant les phases pré-contentieuses et contentieuses (accompagnement social des allocataires lors de la mise en place du plan dapurement, avant jugement ou bien après résiliation du bail, à loccasion du protocole).
En ce qui concerne les protocoles, mis en place par la loi no 2005-32 du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale, qui sont une dernière tentative offerte aux occupants du parc social de se maintenir dans leur logement et de signer un nouveau bail, sous conditions, il est très souhaitable que les bailleurs vous tiennent informés de leur mise en place et de leur évolution dans le temps. Vous veillerez à faire annuellement le point sur ces protocoles dans le cadre du bilan de la charte.
Enfin, lhébergement et le relogement des ménages doivent faire lobjet dengagements spécifiques de votre part comme des bailleurs en lien avec le PDALPD, et ce suffisamment en amont si la situation du ménage risque de le conduire à lexpulsion ou ne lui permet plus de se maintenir durablement dans le logement quil occupe compte tenu du niveau de ses ressources.
Actions à prévoir dans le cadre des engagements
Les engagements doivent permettre de mettre en uvre, en fonction des compétences respectives de chaque acteur signataire de la charte, des actions :
1. En amont de la démarche préventive :
– des actions dattribution de logement en cohérence avec la réalité des capacités financières et sociales des ménages ;
– lors de lentrée dans les lieux des locataires, les bailleurs ont pour rôle dinformer les locataires de leurs droits et obligations, sans omettre pour les bailleurs privés damener leurs locataires à faire valoir leurs droits aux aides au logement et à les inciter à la mise en place du tiers payant de lallocation logement et à la mobilisation du dispositif du 1 % logement pour les salariés ; tandis que les bailleurs sociaux pourront assister les locataires en vue de constituer un dossier complet pour le bénéfice dune aide au logement ;
– des actions damélioration de linformation : conseils renforcés aux propriétaires-bailleurs (en particulier auprès des bailleurs privés : développement du « porter à connaissance » des différents dispositifs existants tels la garantie des risques locatifs, FSL...), information des locataires (en cas de difficulté, les différents recours possibles, laccès au droit des locataires menacés, consultations juridiques et sociales gratuites, cf. laide juridictionnelle) ;
– des actions damélioration et de simplification des circuits de communication entre les différents acteurs de la prévention pour favoriser les solutions amiables des procédures ;
– des actions de formation/information à dispenser aux partenaires acteurs de la charte.
2. Dans la phase pré-contentieuse (de limpayé à lassignation), le renforcement des actions amiables en vue de prévenir la procédure contentieuse :
– des actions damélioration de la détection précoce des impayés, ainsi que, si nécessaire, la mise en place de relations dintermédiation auprès des débiteurs pour mettre en place un plan dapurement ;
– des actions danalyse et du traitement de la dette locative (saisine du FSL, saisine de la CDAPL, procédure de surendettement ou de rétablissement personnel, plans dapurement) ;
– des propositions de changements de logement, afin que ce dernier soit adapté à la composition familiale, notamment pour les familles en difficulté ou pour les couples en rupture familiale, en facilitant les mutations au sein du parc de logements sociaux et également le passage dun logement du parc privé à un logement du parc public ou à une résidence sociale ;
– des aides du FSL apurant la dette locative en cas daccès dans un nouveau logement.
3. Lors de la phase contentieuse, des actions visant à la mobilisation optimale des dispositifs et des délais, en particulier concernant :
– lenquête sociale (implication concomitante du locataire, des travailleurs sociaux, du bailleur, de lEtat, du conseil général, des centres communaux ou intercommunaux daction sociale et des associations) ; cf. le guide sur lenquête sociale de mars 2005 ;
– la saisine du FSL ou, sils existent, des fonds locaux du FSL ou dautres dispositifs daide sociale (CCAS, caisses diverses...) ;
– la prise de décision du FSL dans un délai compatible avec laudience ;
– la saisine de la CDAPL, de la CAF ou de la CMSA ;
– le cas échéant, larticulation entre la commission de surendettement et la CDAPL en application de larticle R. 351-30 du code de la construction et de lhabitation et de la circulaire du 13 juillet 2005 dans sa partie sur le protocole daccord tel que prévu à larticle L. 353-15-2 du code de la construction et de lhabitation ;
– la démarche du juge de conciliation et de médiation civile dans le respect des dispositions légales en vigueur ;
– le contingent préfectoral et les accords collectifs en vue du relogement ;
– laccompagnement social lié au logement (en lien avec les objectifs du PDALPD, les accords collectifs et les bailleurs) ;
– la constitution dun dossier de demande de logement social ;
– lexamen des réquisitions de la force publique, seulement lorsque toutes les mesures de prévention sont épuisées : lexpulsion domiciliaire pour dette locative des personnes de bonne foi doit être exercée en dernier recours.
Les moyens
Lorsque la charte prévoit des actions dingénierie sociale allant au-delà des missions classiques des services concernés par la prévention de lexpulsion, et nécessitant lappel à un prestataire, ces actions peuvent faire lobjet dune maîtrise duvre urbaine et sociale (MOUS) dont le financement est assuré conjointement par lEtat (imputé sur le programme 135 DAOL, action no 1, crédits des BOP déconcentrés) et le conseil général, ainsi que, le cas échéant, par des collectivités territoriales ou leurs groupements.
Les indicateurs de suivi
Outre la date de signature et la durée de la charte, il est indispensable de mettre en place un suivi tant des ménages que des actions listées pour constater la concrétisation ou non dans le temps des engagements pris par lensemble des partenaires et disposer déléments sur leur pertinence.
Au-delà de ce suivi opérationnel, vous veillerez, en particulier, à ce quun indicateur, comme cela est déjà prévu au niveau national dans le cadre de la LOLF, vous permette dapprécier lévolution annuelle du rapport entre le nombre de décisions de justice prononçant la résiliation effective du bail et le nombre de procédures introduites en vue dobtenir cette résiliation. Ce rapport se maintient, au niveau national, depuis plusieurs années, à 75 % et engagement a été pris de le ramener à 70 %.
Des indicateurs portant sur lévolution annuelle du rapport entre le nombre de procédures engagées et le nombre de jugements dexpulsion rendus, mais aussi le nombre de concours de la force publique accordés, rapportés au poids respectif des deux parcs de logements, public et privé, devront être mis en place et faire lobjet dun suivi régulier pour permettre dajuster les engagements pris par les différents partenaires.
Sagissant des ménages, il conviendra didentifier, à différents stades de la procédure, leurs caractéristiques, les causes du risque dexpulsion, ainsi que leur situation au terme de la procédure : maintien avec reprise de paiement du loyer, jusquau relogement ou à lhébergement éventuel. Ces éléments seront particulièrement utiles pour faire évoluer si besoin le dispositif en fonction des causes principales de lexpulsion et pour évaluer ses résultats.
Le suivi dans le temps des ménages relogés avec laide du PDALPD (principe de la cohorte) ne peut quêtre encouragé.
Dautres indicateurs porteront sur lenquête sociale. Ils porteront, plus particulièrement, sur le nombre dévaluations réalisées annuellement, sur le nombre dentre elles transmises au juge et lévolution du rapport entre ces deux données pendant la durée de la charte.
En ce qui concerne les données quantitatives et qualitatives chiffrées, exposées ci-dessus, dont la mesure permettra un suivi annuel, ainsi que létablissement de bilans, il sagira notamment danalyser :
– les cas pour lesquels des enquêtes sociales nont pas été transmises aux magistrats ;
– les cas pour lesquels est accordé le concours de la force publique ;
– les cas pour lesquels est refusé le concours de la force publique (par exemple).
Laide substantielle des acteurs de la justice (le président de tribunal, le conseil départemental de laccès au droit – CDAD) permet de renforcer la définition dindicateurs pertinents au niveau départemental.
De façon générale, les indicateurs ainsi créés doivent assurer une effectivité aux objectifs et actions partenariales engagées, servir de support à un pilotage renforcé de la charte et à la mobilisation dans la durée de lensemble des acteurs.
A N N E X E II
LA COMMISSION SPÉCIALISÉE DE COORDINATION DES ACTIONS
DE PRÉVENTION DES EXPULSIONS LOCATIVES
Larticle 4 de la loi du 31 mai 1990 modifié par larticle 60 de la loi ENL prévoit que « le comité responsable du plan départemental daction pour le logement des personnes défavorisées peut instaurer une commission spécialisée de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, ayant pour mission de délivrer des avis aux instances décisionnelles en matière daides personnelles au logement, dattribution daides financières sous forme de prêts ou de subventions et daccompagnement social lié au logement, en faveur des personnes en situation dimpayés ; lorsque cette commission est créée, les compétences de la commission prévue à larticle L. 351-14 du code de la construction et de lhabitation sont exercées par les organismes payeurs de laide personnalisée au logement ».
Lobjectif visé par cette commission qui, dans plusieurs départements, sous des appellations diverses et à différents stades de la procédure dexpulsion, existe déjà, est doptimiser le dispositif de prévention des expulsions en coordonnant laction des différents partenaires concernés avec un double souci de cohérence et defficacité.
Il convient tout dabord de souligner que cette commission est à la fois un outil du plan départemental daction pour le logement des personnes défavorisées (PDALPD) à laquelle elle sintègre et un levier de mise en uvre de la charte.
Partenariale comme la CDAPL, elle permet de prendre en compte les positions des divers partenaires intéressés, sa compétence étant plus étendue que celle de la CDAPL. Elle concerne lensemble des ménages en impayés locatifs et donne des avis en matière daides du FSL, daccompagnement social, de maintien ou de suspension des aides personnelles au logement (APL et AL), de relogement et, si le préfet souhaite cet avis, sur le concours de la force publique.
Par ces divers avis, elle donne ainsi une cohérence aux diverses mesures et aides dont bénéficient les ménages en impayés locatifs.
En terme dinstruction, elle vise à limiter le nombre dinstructions, en facilitant, si les acteurs en conviennent, une instruction unique pour les aides du FSL et les décisions relatives aux aides personnelles au logement.
Cest cette recherche de cohérence et de traitement global de limpayé (du début de limpayé jusquau stade final du relogement, de lhébergement ou de léventuel concours de la force publique) qui doit inciter les partenaires à mettre en place cette commission de coordination ou un dispositif de coordination ayant les mêmes finalités.
Comme le prévoit la loi, les modalités concernant la création, la composition et le fonctionnement de la commission ont fait lobjet du décret no 2008-187 du 26 février 2008 relatif à la commission spécialisée de coordination des actions de prévention des expulsions locatives.
Une grande latitude est laissée au niveau local pour déterminer lorganisation la plus adaptée, notamment afin de permettre que lessentiel du travail engagé porte sur les cas les plus difficiles qui justifient une coordination importante, et pour prendre en compte les instances locales et la territorialisation du PDALPD.
Les éléments ci-après vous donnent des points de repères, notamment organisationnels, pour mettre en place ces commissions en distinguant, dans un schéma récapitulatif en fin dannexe II, les grandes étapes : la saisine de la commission, linstruction des dossiers, la notification des avis rendus par la commission, et le suivi de ces avis.
A. – La création et la composition de la commission
Opportunité de la création
La création de cette commission de coordination est facultative (comme la loi no 90-449 du 31 mai 1990 modifiée visant à la mise en uvre du droit au logement lindique à larticle 4). Elle est, en effet, un nouvel outil mis à votre disposition pour répondre à un éventuel manque de coordination entre les organes locaux participant à la prévention des expulsions locatives, notamment sur le champ essentiel des locataires du parc privé. En cas de constat partagé dun tel manque au regard des enjeux de la prévention des expulsions locatives dans le département, sa mise en place doit être proposée au président du conseil général.
Cette commission nest cependant pas la seule réponse à un tel constat, des améliorations locales dans larticulation des actions des partenaires pouvant être pertinentes et suffisantes. Cette circulaire vise ainsi en premier lieu à latteinte de résultats significatifs en matière de prévention en mobilisant des outils adaptés dont cette commission nouvelle peut être un élément significatif.
Sa mise en place effective suppose à la fois une réelle volonté politique locale mais aussi un accord formel tant de votre part, en tant que garant, au niveau local, du droit au logement, que de celle du président du conseil général et des représentants des organismes payeurs des aides personnelles au logement.
Vous-même et le président du conseil général exercez actuellement souverainement des prérogatives parmi lesquelles on peut citer, pour le président du conseil général, dans le cadre du FSL, loctroi daides financières sous forme de prêt ou de subvention en matière dimpayés de loyer et la préconisation de mesures daccompagnement social liées au logement (ASLL) ; pour vous-même, la décision relative à lutilisation de vos droits de réservation.
La mise en place de cette commission implique donc un consensus sur le fait que vos décisions et celles du président du conseil général fassent lobjet dun avis préalable partagé.
Par ailleurs, elle conduit à supprimer la CDAPL en tant que commission décisionnelle et donc à transférer aux CAF et CMSA, lensemble des compétences de la CDAPL telles que définies à larticle L. 351-14 du code de la construction et de lhabitation :
– décisions relatives au maintien ou à la suspension de laide personnalisée au logement (APL) lorsque le bénéficiaire ne règle pas la part de dépense restant à sa charge ;
– décisions relatives aux contestations émanant des bénéficiaires des décisions prises par les organismes payeurs en matière dAPL et de prime de déménagement ;
– décisions relatives aux demandes de remise de dette présentées à titre gracieux par les bénéficiaires de lAPL en cas de réclamation dun trop-perçu effectuée par lorganisme payeur ;
– les décisions relatives à lapprobation ou au rejet du plan dapurement joint au protocole daccord et, si nécessaire, de son avenant, prévus à larticle L. 353-15-2 du code de la construction et de lhabitation.
Si les avis préalables de la commission concernent lensemble des locataires en impayés et notamment les locataires bénéficiaires dune aide personnelle au logement (APL ou AL) ne réglant pas la part de dépense restant à leur charge en revanche, les accédants à la propriété en difficulté ne relèvent pas de la compétence de cette commission spécialisée dans la coordination des actions de prévention des expulsions locatives. Ainsi, les décisions concernant les accédants à la propriété en difficulté bénéficiaires de lAPL ne nécessitent pas un avis de cette commission et relèvent directement de la compétence des organismes payeurs.
Mise en place de la commission
Co-décision de création avec le président du conseil général
Compte tenu des éléments précités, il vous appartient de prendre contact avec le président du conseil général sur lopportunité de mettre en place cette commission en vous appuyant sur :
– létat des lieux du dispositif départemental de prévention en tenant compte de lexistence éventuelle dune commission préexistante qui préfigure, même pour partie, cette commission ;
– les résultats obtenus par ce dispositif à partir déléments dordre statistique tels que lévolution du rapport annuel entre le nombre de jugements prononçant la résiliation du bail et le nombre de procédures engagées. (Le président du tribunal de grande instance, en qualité de président du conseil départemental de laccès au droit (CDAD) pourra vous communiquer les éléments dordre statistique nécessaires).
Mise en place dune convention avec les organismes payeurs
Il vous appartient de recueillir laccord des organismes payeurs dans le département.
Dans le cadre de la mise en place de la commission, une convention sera conclue entre la commission de coordination et les organismes chargés dans le département du paiement de laide personnalisée au logement et de la prime de déménagement (art. 4 du décret no 2008-187 du 26 février 2008 relatif à la commission spécialisée de coordination des actions de prévention des expulsions locatives). Elle détermine notamment les conditions pratiques dorganisation des relations entre la commission et les organismes payeurs et doit prendre en compte les éléments suivants :
– toutes les obligations légales et réglementaires de la CDAPL sont transférées vers les organismes payeurs exerçant les compétences décisionnelles de la CDAPL.
Le délai de deux mois auquel ladministration, en application de la loi no 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, doit se soumettre pour répondre à la demande et au recours formulés par les administrés simpose, non à la nouvelle commission, mais aux organismes payeurs.
Inversement, toutes les obligations légales et réglementaires vis-à-vis de la CDAPL perdurent, les organismes payeurs se substituant à la CDAPL.
Aussi, une fois cette commission créée, lobligation légale de saisine, en matière dAPL, qui incombe aux bailleurs en cas dimpayés constitués au sens de la réglementation des aides personnelles au logement, subsiste. Les organismes payeurs se substituant à la CDAPL, les bailleurs ont lobligation de saisir les organismes payeurs des aides personnelles au logement.
Linstruction et le suivi des dossiers des locataires bénéficiaires de lAPL, et le cas échéant de ceux des accédants bénéficiaires de lAPL, restent assurés par les services de lEtat (DDE) qui lassuraient auparavant, sauf autre choix organisationnel. (cf. infra, partie E).
Les membres de la commission
La commission est coprésidée par le préfet et le président du conseil général. Si larticle 1er du décret précité donne la liste des personnes ou représentants des institutions membres de droit de la commission, il vous est possible, en fonction du contexte local, dadapter cette représentation. Ainsi celle de lEtat pourra être assurée par un agent de la préfecture ou de sous-préfecture, un agent de la direction départementale de léquipement et/ou un agent de la direction départementale des affaires sanitaires et sociales. De la même manière, il appartiendra au président du conseil général de désigner le ou les représentants quil jugera les plus pertinents pour siéger compte tenu des missions quils exercent.
Pour tenir compte, au mieux, de la réalité de létat du partenariat local, la commission doit comprendre, outre les membres de droit visés à larticle 1er du décret no 2008-187 du 26 février 2008 relatif à la commission spécialisée de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, dautres membres représentant notamment les bailleurs sociaux et privés et les associations uvrant pour linsertion par le logement, la défense des personnes en situation dexclusion par le logement, la défense des locataires et la représentation des familles, ainsi que les associations locales dinformation sur le logement. Ces membres disposent au sein de la commission dune voix consultative.
En outre, bien que cela ne soit pas explicitement prévu dans le décret du 26 février 2008, il conviendra de solliciter les organismes collecteurs de la participation des employeurs à leffort de construction pour être membre avec voix consultative de la commission de coordination, eu égard à leurs rôles de réservataire et dacteur dans les dispositifs mis en place par le 1 % logement : dispositif de cautionnement (LOCAPASS) et dispositif assurantiel (garantie des risques locatifs – GRL).
Aussi, je vous demande dinformer ces partenaires de la création de cette commission et de leur demander sils souhaitent en faire partie. Sur la base des réponses obtenues, vous établirez la composition de la commission en accord avec le président du conseil général (cf. art. 2 du décret précité) en veillant toutefois à ce que leur nombre nentrave pas le bon fonctionnement de la commission.
Enfin, il vous est demandé de veiller à ce quun représentant de la commission de surendettement soit présent et soit en capacité de donner les éléments dinformation facilitant ladaptation des avis de la commission à la situation des ménages en procédure de surendettement.
B. – Le champ de compétence de la commission
La commission est compétente pour lensemble des impayés locatifs, y compris lorsque le ménage ne bénéficie pas dune aide personnelle au logement. Elle est compétente pour tous les locataires en impayés, y compris les sous-locataires et les résidents de résidences sociales, logements foyers, maisons-relais, etc.
La commission examine également les expulsions locatives non liées à des impayés : expulsions liées à des troubles de voisinage ou à des récupérations de logement en fin de bail. Dans de tels cas, le travail portera plutôt sur la recherche de solution de relogement ou dhébergement adaptée, comme cest déjà le cas dans certains départements.
Pour les ménages bénéficiant dun cautionnement, y compris le cautionnement de LOCAPASS et dont le cautionnement est mis en jeu, limpayé nest pas constitué : le ménage ne peut donc pas être assigné par le bailleur et les aides personnelles au logement ne peuvent pas être suspendues. Toutefois, le problème dimpayés peut nécessiter un suivi social et /ou un relogement, ce dernier supposant que le ménage soit de bonne foi et cherche à sortir dune situation dimpayés ne donnant pas lieu à une menace immédiate dexpulsion. En conséquence, le règlement intérieur de la commission de coordination doit prévoir, en cas de mise en jeu de cautionnement, la possibilité de saisine par le travailleur social qui suit le ménage, par le bailleur ou par le « cautionneur » (LOCAPASS, FSL, personne physique).
Par contre, dans le cadre dun système assurantiel, y compris la garantie des risques locatifs (GRL), lassurance indemnise le bailleur lorsque le locataire est défaillant et est subrogée dans les droits du bailleur. Le ménage défaillant reste redevable de la dette de loyer. Cest lassureur qui saisit lorganisme payeur (au cas où le ménage perçoit lAL ou, si la commission de coordination a été installée, au cas où le ménage perçoit lAPL) ou la CDAPL (au cas où le ménage perçoit lAPL, dans lhypothèse où la commission de coordination na pas été créée) et qui peut assigner le ménage en justice. Le ménage, en situation dimpayé de loyer et menacé dexpulsion, relève donc pleinement de la commission de coordination de prévention des expulsions.
Les modalités darticulation entre, dune part, la commission de coordination et le FSL et, dautre part, le système de garantie des risques locatifs (GRL) feront lobjet de précisions ultérieures.
La commission nest pas compétente pour les accédants à la propriété en difficulté ; le PDALPD peut toutefois prévoir une action de coordination des intervenants sur ces situations entre les organismes payeurs des aides personnelles au logement, la commission de surendettement, le FSL (pour les copropriétaires habitant des copropriétés en difficultés), les éventuels fonds daide aux accédants.
C. – Le rôle de la commission
Le rôle de la commission est de rendre le travail de lensemble des partenaires plus efficace en leur donnant la possibilité, sur un même dossier, et de manière simultanée, davoir une approche et un avis sinon partagés, du moins coordonnés, sur les solutions à mettre en uvre pour éviter lexpulsion.
Pour ce faire la commission émet des avis, des recommandations et, le cas échéant, si le préfet le juge utile, une expertise en matière doctroi ou non du concours de la force publique.
Les avis de la commission
Ses avis sont destinés aux instances décisionnelles : caisse dallocations familiales et caisse de la mutualité sociale agricole en matière dAPL et dAL, fonds de solidarité pour le logement et les services préfectoraux dans le cadre de lexercice du droit de réservation (cf. art. 5 du décret précité). Ces avis sont simples et ne lient donc pas ces différentes instances.
Ces avis portent sur :
– le maintien ou la suspension du versement des aides personnelles au logement (APL/AL) par les organismes payeurs de ces aides ;
– les aides financières qui peuvent être accordées au ménage par le FSL pour laider à solder sa dette locative, le montant et le type des aides, et les éventuelles mesures daccompagnement social à prescrire ;
– la nécessité éventuelle, auprès du préfet ou de son délégataire, dune proposition de relogement du ménage dans le cadre de lexercice du droit de réservation préfectoral en faveur des ménages défavorisés.
Les recommandations de la commission
Parallèlement aux avis, la commission, conformément aux orientations de la charte pour la prévention des expulsions, dont elle constitue un des outils opérationnels, formule des recommandations à lintention de lensemble des partenaires uvrant localement à la prévention des expulsions (cf. art. 6 du décret).
A titre dexemples, il peut sagir :
– dinformations à destination de la commission de surendettement afin que celle-ci prenne en compte dans le traitement densemble de la situation de surendettement du ménage, les aides financières qui peuvent lui être accordées pour aider à solder sa dette locative (aides du FSL, des CAF ou CMSA, des CCAS) sans que puissent être inclus les rappels potentiels daide personnelle au logement ;
– de recommandations au bailleur sur lopportunité de conclure un protocole avec le ménage ;
– mais aussi de recommandations concernant le relogement du ménage dans un logement plus adapté (taille du logement et niveau de loyer/charges) prévoyant, le cas échéant, lutilisation de contingents autres que celui du préfet, voire des recommandations en matière dhébergement.
Les recommandations relatives au relogement concernent les réservataires (les communes notamment), les organismes bailleurs, les organismes faisant de la médiation locative ainsi que les dispositifs du PDALPD en charge du relogement (instances locales, commission de relogement, MOUS, bureau daccès au logement, « ouvreurs de lhabitat »...) dont laction devra être coordonnée avec le travail de la commission. Celle-ci étant une instance du plan, vous veillerez à sa bonne intégration, en particulier sur laspect relogement. Les ménages pour lesquels la commission recommande un logement plus adapté devraient ainsi pouvoir bénéficier des accords collectifs, pour les ménages de bonne foi cumulant les difficultés, ce qui pourra nécessiter éventuellement une redéfinition des ménages éligibles aux accords collectifs départementaux, ces publics relevant très probablement, si leur cas nest pas solutionné en amont, dun recours auprès des commissions de médiation.
Enfin, les recommandations de la commission peuvent aussi concerner le dispositif départemental de lhébergement lorsque, en attendant lattribution de logement, la famille, de bonne foi, ne peut pas être maintenue dans un logement autonome de manière transitoire, ou si la famille de mauvaise foi est expulsée.
Une expertise en matière doctroi ou non
du concours de la force publique
Si vous le jugez utile, vous pourrez solliciter lexpertise de la commission sur loctroi ou non du concours de la force publique.
En effet, une telle expertise peut savérer précieuse dans la perspective de la recherche dune solution de relogement ou dhébergement, en cas de loctroi de ce concours. Elle peut également éviter de déclencher un concours de la force publique à un moment inopportun (quand, par exemple, une autre solution est en cours).
La sollicitation de lexpertise de cette commission partenariale ne limite pas votre pouvoir régalien mais peut, si vous lestimez utile, vous permettre de vous appuyer sur un avis partenarial prenant en compte lensemble de la problématique et lhistorique du dossier, sachant que la plupart des services préfectoraux sollicitent déjà fréquemment lavis des maires et des services sociaux.
En outre, une telle sollicitation peut ajouter de lintérêt à cette commission et inciter les autres partenaires à souhaiter sa mise en place.
Le suivi dans le temps
Outre la préparation des avis et des recommandations, la commission est chargée de leur suivi (cf. art. 7 du décret) et tient le comité responsable du plan informé annuellement de son bilan dactivité (cf. art. 8 du décret).
Cela suppose que les destinataires de ces avis et recommandations informent la commission de leurs décisions et actions.
D. – Le fonctionnement de la commission
Pour assurer son fonctionnement la commission dispose dun secrétariat (cf. art. 10 du décret et ci-après).
Afin de permettre à la commission de concentrer son travail sur les dossiers les plus délicats et de travailler avec le maximum defficacité et déviter son engorgement par un afflux trop massif de dossiers, il est recommandé de mettre en place des procédures simplifiées de traitement et dadopter un mode dorganisation déconcentrée.
Des procédures simplifiées
Il est souhaitable de systématiser, comme cela était déjà recommandé pour les CDAPL, le principe des préavis, sur proposition des services instructeurs, pour les dossiers ne présentant pas de difficultés particulières. Ces préavis pourraient être formulés et communiqués de manière synthétique, à laide dun tableau récapitulatif. Une communication rapide, induisant une validation rapide, pourrait ainsi être assurée entre les services instructeurs, la commission de coordination et les organismes décideurs.
Une telle approche peut ainsi permettre à la commission de se concentrer sur les cas les plus difficiles comme lavait préconisé le rapport remis par le député Gérard Vignoble (cf. note 3) .
Lorganisation territoriale du travail de la commission
En tenant compte de lorganisation territoriale actuelle des organismes payeurs, du FSL, du PDALPD et des enjeux dans votre département, je vous invite à réfléchir à une organisation déconcentrée de linstruction et du suivi des dossiers relevant de cette commission de coordination qui pourra aller selon les cas jusquà la déconcentration de lactivité de la commission sur les différents territoires concernés.
En effet, la délégation de la mise en uvre de tout ou partie des compétences et missions de la commission de coordination, par le comité responsable du PDALPD, aux instances locales du PDALPD est rendue possible par les textes réglementaires (cf. art. 12 du décret no 2007-1688 du 29 novembre 2007 relatif aux PDALPD et article 9 du décret no 2008-187 du 26 février 2008 relatif à la commission spécialisée de coordination des actions de prévention des expulsions locatives).
Sil a été choisi de confier tout ou partie de linstruction aux organismes payeurs des aides personnelles au logement, lexistence de plusieurs CAF dans le département conduira à une organisation territorialisée et, notamment, à une répartition géographique de linstruction des dossiers.
En cas de délégation, par le comité responsable du plan, des avis et recommandations de la commission aux instances locales du PDALPD, la fonction principale de la commission départementale de coordination sera alors de veiller à leur harmonisation et den établir une doctrine commune. Elle veillera également à la lisibilité du système pour le public et les partenaires, établira le bilan des activités des instances locales en matière de prévention des expulsions, pourra adresser des suggestions au comité responsable du PDALPD et aux partenaires décideurs et informera le comité responsable du PDALPD.
Dans les départements où existent plusieurs CAF, où le FSL est déconcentré, où existent des fonds locaux, une organisation territoriale de la coordination de la prévention des expulsions, en particulier en lien avec le FSL et les instances locales de logement du plan est pertinente, sous réserve de laccord des partenaires concernés.
En effet, les instances locales existantes ont souvent déjà un volet « accès au logement » permettant de proposer des logements dinsertion ou des logements relevant du droit de réservation du préfet au profit des personnes prioritaires. Cette compétence « accès » peut être particulièrement utile, le travail attendu des commissions de coordination étant également de produire des recommandations pour le relogement.
Enrichir les compétences (avis sur les aides du FSL (cf. note 4) , sur les aides personnelles au logement et propositions dattribution) des instances locales, en sappuyant sur les expériences existantes, pourrait en faire des outils efficaces permettant de coordonner les problématiques « accès » et « maintien ». Elles pourraient ainsi non seulement exercer au niveau local le rôle de la commission de coordination mais également, sur leurs territoires, être compétentes pour lensemble des actions du plan et se voir confier, par délégation, les missions du comité responsable du plan.
Ladoption dun règlement intérieur
Une fois définies, les modalités de fonctionnement de la commission sont régies par un règlement intérieur que celle-ci adopte (cf. art. 9 du décret no 2008-187 du 26 février 2008 relatif à la commission spécialisée de coordination des actions de prévention des expulsions locatives).
Le règlement intérieur peut sinspirer des dispositions prévues au décret no 2006-672 du 8 juin 2006 relatif à la création, à la composition et au fonctionnement de commissions administratives à caractère consultatif :
– sauf urgence, les membres des commissions reçoivent, cinq jours au moins avant la date de la réunion, une convocation comportant lordre du jour et, le cas échéant, les documents nécessaires à lexamen des affaires qui y sont inscrites (article 9 du décret du 8 juin 2006) ;
– le quorum est atteint lorsque la moitié au moins des membres composant la commission sont présents, y compris les membres prenant part aux débats au moyen dune conférence téléphonique ou audiovisuelle, ou ont donné mandat. Lorsque le quorum nest pas atteint, la commission délibère valablement sans condition de quorum après une nouvelle convocation portant sur le même ordre du jour et spécifiant quaucun quorum ne sera exigé (art. 11 du décret du 8 juin 2006) ;
– lorsquune commission na pas émis son avis dans un délai raisonnable, lautorité compétente peut prendre la décision (art. 15 du décret du 8 juin 2006).
Le projet de règlement intérieur pourra, le cas échéant, être au préalable soumis à lavis du comité responsable du plan.
E. – Le secrétariat : le traitement coordonné des dossiers
Le secrétariat de la commission
Le secrétariat peut être assuré par des agents de lEtat et/ou du conseil général ou encore par des agents des CAF et/ou CMSA, ou par les agents dun organisme dans lequel lEtat et le conseil général sont membres de droit du conseil dadministration (GIP, ADIL...).
En fonction des circonstances locales, lorganisme qui sest vu confier, en application de larticle 6-4 de la loi du 31 mai 1990 susvisée, par convention avec le département, sous la responsabilité et le contrôle de ce dernier, la gestion et le secrétariat du FSL peut, le cas échéant, assurer le secrétariat.
Les missions du secrétariat de la commission sont les suivantes :
– préparer lordre du jour des réunions de la commission, les projets davis et, le cas échéant, les pré-décisions que les instructeurs soumettent aux membres de la commission ;
– transmettre les avis aux autorités décisionnelles ;
– sassurer de la suite réservée par les instances décisionnelles aux avis émanant de la commission ;
– élaborer le bilan dactivité à transmettre au comité responsable du PDALPD et aux partenaires de la charte.
La saisine de la commission
Les possibilités et modalités de saisine
Les possibilités de saisine de la commission seront les plus larges possibles et devront, au minimum, être celles de la CDAPL et du FSL : possibilité de saisine par le bailleur, de saisine directe par le ménage ou par toute personne y ayant intérêt ou vocation (travailleurs sociaux, associations) ainsi que par le préfet. En outre, la commission peut être auto-saisie par un de ses membres.
Comme indiqué supra, il est souhaitable que le règlement intérieur de la commission de coordination prévoit, en cas de mise en jeu de cautionnement, la possibilité de saisine de la commission par le travailleur social qui suit le ménage, par le bailleur ou par le « cautionneur » (LOCAPASS, FSL, personne physique).
Les organismes payeurs exerçant les compétences décisionnelles de la CDAPL, les bailleurs ont lobligation de saisir les organismes payeurs des aides personnelles au logement dès la constitution de limpayé. A ce titre, les règles définissant la constitution de limpayé sont celles définies aux articles R. 351-30 du code de la construction et de lhabitation pour laide personnalisée au logement et aux articles R. 831-21 du code de la sécurité sociale pour lallocation de logement sociale et D. 542-19 du même code pour lallocation de logement familiale. Les bailleurs sociaux devront obligatoirement, conformément aux articles L. 353-15-1 et L. 442-6-1 du code de la construction et de lhabitation, saisir les organismes payeurs dans un délai de trois mois avant toute assignation pour résiliation de bail.
Il convient de rappeler que, selon lobligation légale de saisine en matière daide personnelle au logement (APL et AL), la commission de coordination est ainsi, soit saisie directement par les bailleurs, soit saisie par les organismes payeurs immédiatement après que ces derniers aient été saisis par les bailleurs.
Contrairement aux diverses instances de coordination actuellement mises en place qui interviennent une fois la procédure dexpulsion enclenchée, plus précisément au moment de lassignation voire en toute dernière extrémité au moment de loctroi ou non du concours de la force publique, la commission de coordination intervient dès la constitution de limpayé. Elle a en effet pour but daméliorer le fonctionnement du dispositif de prévention et de donner son plein effet à la charte de prévention.
Les adresses de saisine
La ou les adresses de saisine devront être définies dans le cadre de la convention passée entre la commission de coordination et les organismes (cf. supra).
Selon lorganisation retenue localement pour linstruction, il pourra sagir :
– dune adresse unique auprès du secrétariat de la commission ;
– dadresses en fonction du territoire en cas dorganisation déconcentrée ;
– des adresses des organismes payeurs des aides personnelles au logement...
Une grande latitude est, là encore, laissée au niveau local pour déterminer lorganisation la plus adaptée.
Linstruction et le suivi des dossiers des locataires
Linstruction et le suivi des dossiers restent assurés, sur leur champ de compétence respectif, par les personnels de lEtat affectés à linstruction des dossiers de la CDAPL, les personnels du conseil général (FSL et service social départemental) et ceux des CAF et CMSA pour les dossiers des bénéficiaires dAL.
Une rationalisation de linstruction et du suivi pourra néanmoins être recherchée sur la base dun accord entre le préfet, le président du conseil général et les organismes payeurs. Un même dossier pouvant intéresser le FSL et lAPL ou lAL, une répartition entre instructeurs pourra ainsi éviter lallongement des durées dinstruction. Cela suppose que, par exemple, des agents chargés auparavant de la seule instruction dans le cadre de la CDAPL et des instructeurs du FSL sinforment respectivement de leurs pré-avis afin de présenter en commission une position commune. Une polyvalence sera recherchée, elle est indispensable, eu égard à la complexité et à la longueur de la procédure pouvant conduire à lexpulsion.
Comme indiqué supra, sil a été choisi de confier tout ou partie de linstruction aux organismes payeurs des aides personnelles au logement, lexistence de plusieurs CAF dans le département conduira à une répartition géographique de linstruction des dossiers.
En outre, par voie de convention, la commission peut décider de confier linstruction et le suivi de la totalité des dossiers dimpayés locatifs :
– aux organismes payeurs des aides personnelles au logement (CAF et CMSA) ;
– à un organisme dans lequel lEtat et le conseil général sont membres de droit au sein du conseil dadministration : cest le cas des associations départementales dinformation sur le logement (ADIL) dont certaines assurent dans le cadre des instances existantes linstruction et le suivi des dossiers,
– à un groupement dintérêt public (GIP).
En effet, peuvent être créés des GIP du domaine de laction sanitaire et sociale ayant pour objet de mettre en uvre tout ou partie des compétences du chapitre 1er de la loi no 90-449 du 31 mai 1990 modifiée, ce qui recouvre la mise en uvre de toute action du PDALPD et inclut donc la gestion du FSL et la commission spécialisée de coordination des actions de prévention des expulsions locatives. Ce GIP peut être créé à loccasion de la création de la commission. Le décret no 88-1034 du 7 novembre 1988 modifié relatif aux groupements dintérêt public constitués dans le domaine de laction sanitaire et sociale précise que lapprobation de la convention constitutive dun GIP mettant en uvre les actions du PDALPD est du ressort du préfet de département.
Ce GIP peut se voir également confier le secrétariat de la commission, si le préfet et le président du Conseil général sont bien membres du conseil dadministration du GIP.
Lorganisme assurant le secrétariat de la commission peut donc également, le cas échéant, assurer linstruction et le suivi des dossiers.
Précisions sur linstruction et le suivi des dossiers
des bénéficiaires dAPL accédants à la propriété
Pour tenir compte du transfert des compétences de la CDAPL aux organismes payeurs, et dans la mesure où ces dossiers ne font pas lobjet dun examen partenarial, leur instruction et leur suivi relèvent des services des organismes payeurs désormais compétents pour les décisions correspondantes.
Toutefois, afin déviter daccroître la charge de travail des services des organismes payeurs, il pourra, le cas échéant, être convenu localement que les services de lEtat qui assuraient linstruction et le suivi des dossiers des accédants pour le compte de la CDAPL continueront dinstruire et de suivre ces dossiers, pour le compte des organismes payeurs.
Les moyens financiers
Le principe de fonctionnement des commissions est que linstruction et le suivi des dossiers restent sous la responsabilité des services ayant leur charge avant la création de la commission.
Si le secrétariat et linstruction sont confiés à un groupement dintérêt public (GIP), cela peut saccompagner dune mise à disposition de personnels de divers organismes (Etat compris) dans ce GIP.
En ce qui concerne le financement de cette instruction, au cas où le choix serait de la confier à un organisme, en létat actuel du cadre dautorisation parlementaire, il est préférable de procéder de la manière suivante : le conseil général est maître douvrage et commande une prestation à lorganisme instructeur des dossiers, lEtat lui attribue une subvention de maîtrise douvrage urbaine et sociale (MOUS) afin de cofinancer cette prestation. Cette prestation simpute, au programme 135 DAOL, à laction no 1 : « Construction locative et amélioration du parc » :
– sous-action no 9 : « Hors délégations de compétence – Observatoires locaux, PSP, PDALPD » ;
– catégorie 63 ;
– compte PCE no 6531212 « transferts directs aux départements y compris départements doutre-mer – fonctionnement ou non différenciés »
ou
– compte PCE no 6531216 « transferts directs à la ville de Paris ou au département de Paris – fonctionnement ou non différenciés ».
Elle peut, bien entendu, être complétée par dautres subventions, notamment des communes ou de leur groupement.
Les relations entre instructeurs et décideurs
En cas de divergences dappréciation sur un dossier, la commission de coordination, où les différentes parties sont représentées, doit jouer son rôle de coordination, dharmonisation et de définition de grilles de lectures communes. Cest son objet même de résoudre ce type de différend et déviter les blocages.
La notification des avis, des décisions et leur suivi
Au vu des avis de la commission de coordination, les organismes payeurs et les responsables des FSL et, le cas échéant, des fonds locaux, prennent les décisions dans leurs domaines de compétence respectifs.
Le responsable du FSL et les organismes payeurs notifient ainsi aux ménages et bailleurs concernés les décisions relatives à leurs champs de compétence respectifs (aides du FSL dune part, APL et AL dautre part), quels que soient le mode dorganisation de la commission et la répartition des dossiers entre instructeurs.
Ils informent également la commission de coordination de leurs décisions.
De même, les destinataires des éventuelles recommandations de la commission de coordination informent celle-ci des suites données à ces recommandations.
Lanalyse partagée et régulière des suites données aux avis et recommandations de la commission permet à ses membres de sassurer de la cohérence de leur action, de construire une jurisprudence commune et de faire converger leurs politiques.
Les délais impartis à la commission
Puisque le délai de deux mois auquel ladministration doit se soumettre pour répondre à la demande et au recours formulés par les administrés simpose aux organismes payeurs, la commission de coordination devra :
– rendre un avis dans un délai inférieur à deux mois, compatible avec le délai de 2 mois incombant aux organismes payeurs ; pour les ménages assignés, lavis devra être rendu suffisamment tôt avant la date de jugement ;
– réorienter toute demande qui, selon la répartition des missions entre les organismes (secrétariat, instruction), ne sera pas adressée à lorganisme compétent dans un délai de deux mois sachant que la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations dispose que : « Lorsquune demande est adressée à une autorité administrative incompétente, cette dernière la transmet à lautorité administrative compétente et en avise lintéressé. Le délai au terme duquel est susceptible dintervenir une décision implicite de rejet court à compter de la date de réception de la demande par lautorité initialement saisie ».
Elle devra également rendre ses avis concernant le fonds de solidarité pour logement dans des délais compatibles avec ceux du FSL, et notamment avec les modalités durgence prévues à larticle 6-1 de la loi no 90-449 du 31 mai 1990 modifiée visant à la mise en uvre du droit au logement.
F. – Schéma récapitulatif du traitement dun dossier dimpayé
A N N E X E III
BILAN DU DISPOSITIF DÉPARTEMENTAL DE PRÉVENTION
DES EXPULSIONS LOCATIVES
Département :
Date :
Nom de la personne ayant répondu à cette enquête :
Vos réponses seront fonction des données localement existantes ; ces retours visent non à lexhaustivité mais plutôt à faire un état des lieux de ce qui est disponible ou réalisable et de ce qui ne lest pas. Certaines questions seront reprises dans le cadre de lenquête annuelle sur « la mise en uvre du droit au logement » (MODAL).
A. – Eléments chiffrés
Population totale du département.
Nombre de logements locatifs :
– dans le parc social ;
– dans le parc privé.
Niveau moyen des loyers (pour un type 3) (hors charges locatives et APL non déduites) :
– dans le parc social ;
– dans le parc privé.
Nombres dallocataires du RMI en 2005, 2006 et 2007 et évolution.
Nombres dallocataires daides personnelles au logement (AL et APL) en 2005, 2006 et 2007 et évolution.
Nombre de procédures engagées en 2005, 2006 et 2007 en vue de la résiliation du bail (a).
Nombre de jugements prononçant la résiliation du bail rendus en 2005, 2006 et 2007 (b), si possible.
Rapport b/a (si possible) et évolution.
Montant des indemnités préfectorales demandées par les bailleurs au titre du non-concours de la force publique en 2005, 2006, 2007 :
– dans le parc social ;
– dans le parc privé.
Montant des indemnités préfectorales versées aux bailleurs en 2005, 2006, 2007 :
– dans le parc social ;
– dans le parc privé.
NB : Ne font lobjet de la présente enquête, ni le nombre de concours de la force publique demandés, ni le nombre de concours de la force publique accordés car ces données sont collectées par ailleurs par le ministère de lintérieur.
B. – Eléments qualitatifs
Décrivez, si possible, les profils socio-économiques type des ménages pour lesquels un jugement dexpulsion a été prononcé.
Pour cette description, il vous est proposé de remplir les tableaux ci-dessous, basés sur la typologie utilisée par les départements et les gestionnaires des FSL, dans les statistiques annuelles des FSL, pour qualifier et quantifier les personnes aidées par les FSL. Les renseignements statistiques prévus pour les FSL ont été conçus avec la CNAF pour pouvoir être fournis par les CAF par le biais du système SIAS (cf. note 5) . Ils sont donc familiers à vos principaux partenaires.
Ils figurent dans larrêté du 13 février 2006 fixant les renseignements statistiques relatifs au bilan dactivité du fonds de solidarité pour le logement et des fonds locaux créés par le conseil général, aux tableaux 21, 23, 24, 26 de lannexe de cet arrêté :
Tableau 21. – Typologie des ménages – composition familiale des ménages ;
Tableau 23. – Age de la personne de référence des ménages ;
Tableau 24. – Activité de la personne de référence des ménages ;
Tableau 26. – Bénéfice de minima sociaux parmi les ménages.
Il a été choisi de reprendre ces tableaux. Pour le tableau 21, relatif à la composition familiale, vous pouvez ne pas donner le nombre denfants et ne garder que les rubriques suivantes : personnes isolées, familles monoparentales, couples sans enfant, couples avec enfant(s), composition inconnue.
En reprenant les classifications utilisées dans ces 4 tableaux, vous caractériserez ainsi les ménages pour lesquels un jugement dexpulsion a été prononcé dans lannée, en distinguant les ménages locataires du parc public et les ménages locataires du parc privé.
Typologie des ménages pour lesquels un jugement dexpulsion a été prononcé
1. Composition familiale des ménages pour lesquels un jugement dexpulsion a été prononcé :
| COMPOSITION FAMILIALE | NOMBRE DE MÉNAGES locataires du parc public |
NOMBRE DE MÉNAGES locataires du parc privé |
NOMBRE DE MÉNAGES locataires dun parc de nature non renseignée |
NOMBRE TOTAL de ménages pour lesquels un jugement dexpulsion a été prononcé |
|---|---|---|---|---|
| – Personnes isolées | ||||
| – Familles monoparentales (comportant des enfants à charge au sens des prestations familiales) | ||||
| – Couples sans enfant à charge au sens des prestations familiales | ||||
| – Couples avec enfant(s) à charge au sens des prestations familiales | ||||
| – Composition inconnue | ||||
| Total |
2. Age des ménages pour lesquels un jugement dexpulsion a été prononcé :
| ÂGE DE LA PERSONNE de référence |
NOMBRE DE MÉNAGES locataires du parc public |
NOMBRE DE MÉNAGES locataires du parc privé |
NOMBRE DE MÉNAGES locataires dun parc de nature non renseignée |
NOMBRE TOTAL de ménages pour lesquels un jugement dexpulsion a été prononcé |
|---|---|---|---|---|
| Moins de 25 ans | ||||
| 25 ans – 34 ans | ||||
| 35 ans – 49 ans | ||||
| 50 ans et plus | ||||
| Age inconnu | ||||
| Total |
3. Activité des ménages pour lesquels un jugement dexpulsion a été prononcé :
| ACTIVITÉ DE LA PERSONNE de référence |
NOMBRE DE MÉNAGES locataires du parc public |
NOMBRE DE MÉNAGES locataires du parc privé |
NOMBRE DE MÉNAGES locataires dun parc de nature non renseignée |
NOMBRE TOTAL de ménages pour lesquels un jugement dexpulsion a été prononcé |
|---|---|---|---|---|
| Actifs ayant un emploi | ||||
| Actifs au chômage inscrits à lANPE | ||||
| Retraités | ||||
| étudiants | ||||
| Autres (inactifs, longue maladie...) | ||||
| Activité inconnue | ||||
| Total |
4. Bénéfice des minima sociaux des ménages pour lesquels un jugement dexpulsion a été prononcé :
| MINIMA SOCIAUX | NOMBRE DE MÉNAGES locataires du parc public |
NOMBRE DE MÉNAGES locataires du parc privé |
NOMBRE DE MÉNAGES locataires dun parc de nature non renseignée |
NOMBRE TOTAL de ménages pour lesquels un jugement dexpulsion a été prononcé |
|---|---|---|---|---|
| Ménages bénéficiaires du revenu minimum dinsertion | ||||
| Ménages bénéficiaires de lallocation de parent isolé | ||||
| Ménages dont la personne de référence bénéficie de lallocation pour adultes handicapés | ||||
| Ménages dont la personne de référence bénéficie de lallocation de solidarité spécifique |
Si vous ne disposez pas à ce stade dun suivi qualitatif vous permettant de renseigner ces tableaux, ils peuvent vous servir de référence dans la perspective de la construction dun suivi à venir des situations des ménages assignés.
Il peut également être intéressant de faire une typologie de ces ménages selon leur lieu de résidence au sein du département ; dans ce cas, lutilisation du périmètre des instances locales du PDALPD est à privilégier.
C. – La charte pour la prévention des expulsions
Date de signature et durée de la charte pour la prévention des expulsions :
En labsence de charte, ou si celle-ci est périmée sans que soit prévu son remplacement, en préciser les raisons.
En dehors des partenaires habituels, la charte a-t-elle été signée par :
a) Les représentants des bailleurs privés (si oui, détaillez) ;
b) Le représentant des huissiers ;
c) Le président du tribunal de grande instance ;
d) Dautres partenaires (si oui, précisez).
La charte comporte-t-elle des engagements concrets pris par les partenaires ? (Si oui, précisez lesquels) ; (ex. : enquête sociale, relogement, traitement de la dette, saisine de la CDAPL [pour lAPL] ou de la CAF [en matière dAL], saisine du FSL).
La charte comporte-t-elle des indicateurs concrets et quantifiables pour mesurer comment les engagements pris par les partenaires sont tenus ? (Si oui, précisez lesquels.)
La charte comporte-elle un dispositif dévaluation ? (Si oui, précisez comment il est organisé, fonctionne et en particulier selon quelle fréquence.)
Disposez-vous dun outil de suivi des situations individuelles ?
La charte comporte-t-elle un dispositif de pilotage ? (Si oui, précisez comment il est organisé et fonctionne.)
La charte constitue-t-elle un des outils du PDALPD ou est-elle un outil autonome sans liens formalisés avec le PDALPD ?
Nombre de protocoles en cours de validité :
a) Au titre de la circulaire du 13 mai 2004 relative à la mise en uvre dun dispositif durgence visant à la prévention des expulsions ;
b) Au titre de la loi du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale.
Que votre département soit doté ou non dune charte pour la prévention des expulsions, une commission spécifique regroupant lensemble des partenaires a-t-elle été mise en place pour traiter des cas les plus délicats et les plus complexes ? (Si oui, décrivez cette commission en précisant sa composition, ses compétences, son mode de fonctionnement et, si possible, fournissez des éléments de bilan.)
D. – Vos conclusions
Quels sont vos commentaires sur ce bilan ?
Ce bilan est-il partagé par vos partenaires ?
Quelles pistes pensez-vous proposer aux partenaires dans votre département pour améliorer le fonctionnement du dispositif ?
Quels sont, selon vous, les éléments de positionnement des partenaires sur ces propositions damélioration ?
A N N E X E IV
LE CONTEXTE LÉGISLATIF ET RÉGLEMENTAIRE,
LES TEXTES DE RÉFÉRENCE
A. – Textes législatifs
La loi no 98-657 du 29 juillet 1998 dorientation relative à la lutte contre les exclusions (art. 114, 115, 117, 121 et 122), modifiée par la loi no 2005-32 du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale (art. L. 353-15-1 et L. 442-6-1 du CCH), a incité au développement des actions de prévention dans le traitement des expulsions pour dettes locatives. La prévention des expulsions contribue en effet de manière décisive à la prévention des exclusions. Cest dans cet esprit que larticle 121 de cette loi a prévu lélaboration dune charte pour la prévention des expulsions dans chaque département.
Plus récemment, larticle 60 de la loi no 2006-872 du 13 juillet 2006 portant engagement national pour le logement a modifié la loi no 90-449 du 31 mai 1990 (art. 4) visant à la mise en uvre du droit au logement. Ce texte qui a renforcé le rôle du plan départemental daction pour le logement des personnes défavorisées (PDALPD) a inscrit la prévention des expulsions comme un contenu obligatoire du plan. A ce titre, la loi prévoit la possibilité de créer une commission spécialisée de coordination des actions de prévention des expulsions locatives. Dans ce nouveau cadre, le comité responsable du PDALPD coprésidé par le préfet et le président du conseil général aura désormais pour mission daméliorer lefficacité des actions de prévention des expulsions dans le département.
Enfin la loi no 2007-290 du 5 mars 2007 instituant le droit opposable au logement (art. 7 codifié à lart. L. 441-2-3 du CCH) prévoit la responsabilité de lEtat dans lattribution dun logement aux demandeurs prioritaires de logement social de bonne foi, désignés par la commission de médiation comme devant faire lobjet dune attribution de logement en urgence. Parmi ces publics prioritaires, dont la situation peut être examinée depuis 2008 par cette commission, figurent les personnes menacées dexpulsion sans relogement.
B. – Textes réglementaires
Le décret no 2007-1677 du 28 novembre 2007 relatif à lattribution des logements locatifs sociaux, au droit au logement opposable et modifiant le code de la construction et de lhabitation (paru au JO du 29 novembre 2007) précise que peuvent être désignées par la commission de médiation comme prioritaires et devant être logées durgence en application du II de larticle L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires daccès au logement social et qui ont fait lobjet dune décision de justice prononçant lexpulsion du logement.
Le décret no 2007-1688 du 29 novembre 2007 relatif aux plans départementaux daction pour le logement des personnes défavorisées (paru au JO du 1 er décembre 2007) précise que :
1. Le PDALPD définit :
– les objectifs à atteindre en matière de réduction du nombre de commandements de quitter les lieux et du nombre dexpulsions locatives ;
– les actions principales à mener à cette fin, en tenant compte le cas échéant des orientations fixées par la charte pour la prévention des expulsions prévue à larticle 121 de la loi du 29 juillet 1998 susvisée ;
– les modalités du concours du département, des communes et de leurs groupements, des organismes sociaux compétents et des associations spécialisées en vue de la réalisation des enquêtes sociales relatives aux ménages en situation de contentieux locatif ;
– les mesures adaptées concernant la contribution du fonds de solidarité pour le logement et, le cas échéant, des fonds locaux à la réalisation des objectifs du plan, en vue notamment de permettre la prévention des expulsions ; à ce titre, il définit les modalités darticulation des actions du fonds de solidarité pour le logement et, le cas échéant, des fonds locaux avec laction de la commission départementale des aides publiques au logement mentionnée à larticle L. 351-14 du code de la construction et de lhabitation, des organismes payeurs des aides personnelles au logement visées aux articles L. 351-1 du même code, L. 831-1 et L. 542-1 du code de la sécurité sociale, et de la commission de surendettement visée à larticle L. 331-1 du code de la consommation, ainsi quavec laction, le cas échéant, de la commission spécialisée de coordination des actions de prévention des expulsions locatives prévue à larticle 4 de la loi du 31 mai 1990 susvisée ;
– les modalités darticulation des interventions du fonds de solidarité pour le logement et, le cas échéant, des fonds locaux avec les autres dispositifs du plan, afin que les personnes et familles visées par le plan puissent bénéficier de ces dispositifs lorsquune aide du fonds de solidarité pour le logement ou le cas échéant des fonds locaux ne suffit pas à répondre à lobjectif daccès ou de maintien dans le logement.
2. Le comité responsable du plan :
– est destinataire dun bilan trimestriel élaboré par le préfet relatif aux assignations aux fins de constat de la résiliation du contrat de location notifiées au représentant de lEtat dans le département en application de larticle 24 de la loi du 6 juillet 1989 susvisée ;
– est destinataire dun bilan trimestriel élaboré par le préfet relatif à la réalisation et à la transmission au juge ainsi quaux parties, avant laudience, des enquêtes sociales relatives aux ménages en situation de contentieux locatif dans les conditions prévues à larticle 114 de la loi du 29 juillet 1998 susvisée ;
– sassure du concours du fonds de solidarité pour le logement et, le cas échéant, des fonds locaux, et de celle des dispositifs de recherche de logement prévus à larticle 9-1, en vue du maintien dans le logement et du relogement des personnes menacées dexpulsion ; il crée, le cas échéant, la commission spécialisée de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, prévue à larticle 4 de la loi du 31 mai 1990 susvisée, et évalue son action ;
– vérifie que le fonds de solidarité pour le logement et, le cas échéant, les fonds locaux concourent aux objectifs du plan et fait des propositions en la matière.
Le décret no 2008-187 du 26 février 2008 relatif à la commission spécialisée de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (paru JO du 28 février 2008).
C. – Circulaires concernant la prévention
des expulsions locatives
Circulaire du 9 février 1999 (EQUU9900135C) relative à la prévention des expulsions locatives pour impayés (parue au JO du 17 février 1999).
Circulaire du 6 mai 2003 relative à la mise en uvre des dispositions relatives à la prévention des expulsions.
Circulaire UHC/IUH 1 no 2005-32 du 11 mai 2005 (SOCU0510869C) relative à la prévention des expulsions locatives.
Circulaire UHC-FB4/DH2 no 2005-44 UHC/DH2 du 13 juillet 2005 (SOC/U/05/10337/C) relative à lapplication des dispositions de prévention des expulsions de la loi de programmation pour la cohésion sociale (Bulletin officiel no 2005-6).
NOTE (S) :
(1) Téléchargeable sur le site de la DGUHC : http ://www2.logement.gouv.fr/publi/droitlgt/doc_ pdf/guideprevent_ expulsions.pdf
(2) « Attendu que larticle 1236, alinéa 2, du code civil dispose quune obligation peut être acquittée par un tiers qui ny est point intéressé, pourvu que ce tiers agisse au nom et en lacquit du débiteur, ce qui était bien le cas en lespèce de loffre de règlement du FSL ; que dès lors le bailleur navait aucun intérêt légitime à refuser le paiement à son profit de cette aide soldant lintégralité de sa créance dans le délai dapurement de la dette imposé par le juge des référés à la locataire ; quen conséquence ce nest pas par la faute du locataire mais bien par celle du seul bailleur que la locataire na pu effectuer, dans le délai de 2 mois qui lui avait été imparti, les règlements mis à sa charge par le juge des référés. »
(3) Rapport sur la prévention des expulsions locatives, août 2005.
(4) Avant 2005 et le transfert des FSL aux départements, les instances locales du PDALPD avaient déjà souvent une compétence en matière doctroi des aides du FSL. Le décret no 2007-1688 du 29 novembre 2007 relatif aux PDALPD (art. 12) autorise le président du conseil général ou le responsable dun fonds local, à confier aux instances locales du PDALPD, loctroi des aides prévues par le fonds de solidarité pour le logement ou le fonds local. Les instances locales du PDALPD peuvent donc avoir encore une compétence décisionnelle en matière daides du FSL et non un simple avis, si le président du conseil général le souhaite.
(5) SIAS est le logiciel informatique des CAF, utilisé pour la gestion des aides relevant de laction sociale des CAF et des aides des FSL lorsque ceux-ci sont gérés par les CAF.